17.05.2008
Anne Perry - L'étrangleur de Cater Street
La famille Ellison, une famille aisée et respectée de la Londres victorienne, est sens dessus dessous : plusieurs jeunes femmes sont assassinées sauvagement dans Cater Street, la rue respectable où elle réside. Charlotte, la cadette, est la figure atypique de la famille Ellison, celle qui dit tout ce qu'elle pense, allant à l'encontre de la bienséance. Ses soeurs Emily et Sarah, plus posées, se consacrent aux bonnes oeuvres et à leur garde-robe.
On retrouve également l'inspecteur Pitt, qui vient régulièrement les interroger et qui piétine dans son enquête. Par ailleurs, celui-ci semble très intéressé par Charlotte, alors même qu'il n'est pas issu du même rang social qu'elle.
10/18, 2002, 381 p.
Je suis déçue par ce roman d'Anne Perry qui est le premier de la série des "Inspecteur Pitt", et qui m'a beaucoup moins plu que Pentecost Alley qui m'avait fait découvrir l'univers de ces enquêtes. Je me suis ennuyée à suivre la vie de ces filles de bonne famille, passant leurs après-midis à boire le thé avec la voisine et à aider la femme du pasteur dans ses oeuvres caritatives sans jamais oser dire ce qu'elles pensent. Heureusement, Charlotte était là pour inverser la tendance, mais cela n'a pas suffi.
L'intrigue policière est secondaire, lente et sans grand suspense, son dénouement sans surprise.
Bref, déçue, mais lorsque je repense à Pentecost Alley, je suis convaincue que je vais relire du Anne Perry!
Lilly avait adoré!
13:02 Publié dans Littérature anglo-saxone , Polars | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : anne perry, angleterre
12.04.2008
Nikki Gemmel - La mariée mise à nu
Le journal intime d'une femme, jeune mariée, nous est dévoilé par petites touches.
Tout d'abord, la période de la lune de miel, ou tout est dégoûlinant de joie sirupeuse, et qui se termine brusquement par la découverte de la trahison du mari.
Ensuite, une rencontre entre la mariée et un acteur puceau, qui va se terminer en leçons de sexe intenses.
Troisième partie, la jeune femme décide de raccrocher son côté femme libérée et de se consacrer à être la bonne épouse qu'elle avait commencé à incarner au début de son mariage, et de faire un bébé avec son mari.
Ce récit est présenté sous forme de "Leçons" successives, du genre "La jovialité est qualité fort charmante chez une infirmière", "Bonheur et vertu résident tous deux dans l'action", etc., qui sont autant de délices décalés du texte qui y est associé.
Au Diable Vauvert, 2006, 356 p.
J'ai reçu ce roman par Le Livre de Poche, qui proposait l'envoi d'un ouvrage contre une critique à renvoyer à l'éditeur. Lorsque je l'ai vu, sa couverture toute rose et kitche m'a donné les pires craintes. Mais en réalité, quelle surprise! J'ai immédiatement accroché à la lecture de ce livre très intense et très riche, qui traite sans tabou du mariage, du sexe et de l'identité de la femme. Je pense que chaque femme pourra se retrouver dans l'héroïne à certains moments du récit, car je peux imaginer que ses questionnements sont ceux de la plupart des femmes.
L'écriture est de plus très rythmée et agréable.
Eireann n'a pas trop aimé de même que Laure, Cuné a beaucoup aimé et Lo aussi.
11:45 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nikki gemmel, angleterre, australie
16.03.2008
Douglas Kennedy - Une relation dangereuse
Sally et Tony sont tous deux correspondants pour leur journal respectif au Caire. Il est anglais, elle est américaine. Ils se rencontrent lors d'une mission en Somalie et entament une relation. Très vite, Sally tombe enceinte. Au même moment, Tony est rappelé au siège de son journal à Londres. Il demande alors Sally en mariage et ils s'installent dans la capitale anglaise. Sally peine à s'acclimater, mais bientôt son bébé naît. Seulement, Sally est victime d'une grave dépression postnatale et n'est pas aidée par Tony qui semble très peu concerné par les affaires familiales.
Mais un jour, Sally, de retour à leur maison, s'aperçoit avec horreur que Tony a déménagé avec le petit Jack, et qu'il a obtenu que la garde de l'enfant soit totalement ôtée à Sally pour cause d'incapacité. La jeune femme devra alors se battre en justice contre cette machination abominable.
Belfond/Pocket, 2005, 533 p.
J'ai englouti rapidement cet agréable roman psychologique. Après un début quelque peu ennuyeux, on se concentre sur la psychologie des personnages qui m'a immédiatement poussée à détester le personnage de Tony. Et à partir du moment où Tony tend son piège à Sally, le suspense m'a empêchée de lâcher ce livre. J'étais révoltée par cette situation qui me paraît inconcevable et j'ai suivi avec passion le désarroi et la révolte de l'héroïne.
Un point très positif est l'effort de documentation effectué par Douglas Kennedy, que ce soit sur le délicat sujet de la dépression postnatale ou sur les rouages du système judiciaire anglais qui a conféré au récit un grand réalisme.
Un moment très agréable donc, même si certains passages sont longuets ou quelque peu stéréotypés.
Les avis d'Allie, Caroline, Maxi, Livrovore.
13:10 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : douglas kennedy, angleterre, états-unis
04.02.2008
Peter Robinson - Le voyeur du Yorkshire
L'inspecteur Alan Banks a décidé de quitter Londres pour exercer au calme, à Eastvale, petite bourgade tranquille du Yorkshire.
Mais même si l'on est loin de la folie londonienne, une série d'évènements vient troubler la tranquillité de la population. Un voyeur espionne les femmes qui se déshabillent le soir, des adolescents commettent des cambriolages, et une vieille dame est retrouvée morte dans sa cuisine, de toute évidence assassinée. L'inspecteur Banks et son équipe sont donc sur le pied de guerre et enquêtent activement.
Le Livre de Poche, 2007, 347 p.
Très agréable polar! L'ambiance de cette petite ville de la campagne anglaise et très bien décrite, je m'y serais crue. Question suspense, on a vu mieux, mais j'ai bien accroché quand même. Et l'inspecteur Banks est un personnage attachant et intéressant. Le fait que la version originale ait été publiée dans les années 80 donne un petit air désuet en prime, sans portables ni Internet. Ça fait du bien!
Je ne connaissais pas Peter Robinson, mais j'y reviendrai!
19:55 Publié dans Littérature anglo-saxone , Polars | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : peter robinson, grande-bretagne
30.01.2008
Harlan Coben - Du sang sur le green
Myron Bolitar, agent sportif, suit l'US Open de golf à la recherche de nouveaux contrats avec des sportifs de haut niveau. Très vite, Jack Coldren, golfeur jusque là médiocre, créé la surprise en prenant la tête du tournoi devant le jeune prodige Tad Crispin. Mais un jour Myron est contacté par la famille de Jack Coldren, car le fils de celui-ci vient d'être victime d'un kidnapping. Comme les ravisseurs interdisent à la famille de faire appel à la police, Myron accepte d'investiguer discrètement pour tenter de retrouver le jeune homme. Mais plus son enquête avance, plus cela devient complexe. Et dangereux.
Fleuve Noir/Pocket, 2007, 409 p.
J'ai reçu cet ouvrage dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio. J'étais ravie de devoir lire un Harlan Coben car j'avais beaucoup aimé Juste un regard.
Mais avec Du sang sur le green, j'ai été très déçue. Certes, le scénario est bien ficelé et la fin ne manque pas de rebondissements, mais j'ai trouvé la première partie du roman ennuyeuse. L'humour omniprésent de Myron Bolitar me semble un peu lourdeau et ne m'a fait que moyennement rire, même si le personnage reste attachant. Et le petit monde des golfeurs américains est tellement à l'opposé du mien que j'ai eu beaucoup de peine à m'y attacher. Bref, à part un bon moment de suspense, ce roman ne va pas laisser un grand souvenir.
Mais merci quand même à Babelio et Masse critique!
21:02 Publié dans Littérature anglo-saxone , Polars | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : harlan coben, polar, états-unis
21.01.2008
Jonathan Coe - The closed circle
Pour cette suite de l'excellent Bienvenue au club, on retrouve Benjamin, Claire, Paul, Philip et Doug, entre Londres et Birmingham, vingt ans plus tard. Ceux que l'on avait connus écoliers sont à présents des adultes ordinaires, ou presque. La politique tient toujours une place importante dans leur milieu. On suit leurs problèmes d'adultes qui ont remplacé leurs tracas d'enfants. Mais les caractères n'ont pas changé : Paul, très ambitieux, est entré au cabinet de Tony Blair. Benjamin est toujours taciturne et ne parvient pas à oublier Cicely, son amour de jeunesse, ni à terminer son roman. Doug est devenu journaliste, tout comme Philip.
Les vieux démons sont toujours là, mais certains d'entre eux seront enfin résolus.
Penguin Books, 2005, 432 p.
Oufff! Ce fut dur de parvenir à la fin de ce roman pourtant très agréable. J'avais peut-être visé un peu haut dans la lecture en anglais. Enfin, je suis contente d'y être arrivée. Mais je ne pense pas que mon jugement soit très crédible car je suis bien consciente que les subtilités du scénario m'ont échappé.
Enfin, pour ce que j'en ai compris, ça m'a bien plu et m'a donné envie de continuer dans la voie Coe, après Bienvenue au club. Toujours la même ambiance so british et ces personnages en relief, dont les personnalités s'affirment (pas toujours dans le bon sens à mon avis)!
Avis de Clochette, Madame Charlotte.
22:10 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jonathan coe, angleterre
25.12.2007
Michael Connelly - Le poète
Sean, un jeune inspecteur, est retrouvé mort dans sa voiture. Ses collègues concluent qu'il s'agit d'un suicide. Sean enquêtait en effet sur le meurtre d'une jeune femme mutilée et cette enquête le perturbait énormément. Mais Jack, le frère de Sean, journaliste dans un quotidien local, ne croit pas à la thèse du suicide. Une courte enquête confirmera ses doutes et le mettra sur la piste d'autres suicides de policiers suspects.
Il réussit à convaincre le FBI qui rouvre ces dossiers. L'enquête les mènera alors sur la piste d'un redoutable pédophile-tueur de flics, aussitôt surnommé le Poète car il signe ses crimes par des vers d'Edgar Allan Poe.
Points, 2007, 565 p.
Le Poète est mon deuxième Connelly, auteur que j'avais découvert avec Darling Lilly.
Et c'est du très très bon polar, dans le genre classique américain moderne! Avec tous les ingrédients clés : suspense énorme, FBI, profilage psychologique du suspect, percées décisives en cascade, puis rebondissement, puis re-rebondissement!
Un scénario extrêmement bien ficelé dont on ne peut pas se détacher, avec en prime une écriture très agréable.
Seul bémol : le squelette du récit est un peu trop prévisible. Ce qui n'empêche pas que le suspense soit insoutenable jusqu'à la fin!
Mon plaisir de lecture a été augmenté car il s'agissait d'une réédition du roman dans une édition augmentée d'une préface de Stephen King et d'une interview de l'auteur. Et, apparemment, le Poète réapparaît dans Los Angeles River, paru en 2004.
L'avis d'Hervé.
22:51 Publié dans Littérature anglo-saxone , Polars | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : michael connelly, états-unis, policier
08.11.2007
Margaret Atwood - Le dernier homme
La race humaine a été éradiquée. Snowman est le dernier survivant, mis à part les Crakers, ces étranges personnages qui avaient été fabriqués dans son ancienne vie. Il doit tenter de survivre sur une planète où les dangers sont bien supérieurs aux ressources : louchiens, porcons, malchatons, toutes ces bêtes ayant été créées de toutes pièces par croisements génétiques.
Mais que s'est-il passé pour en arriver là?
Snowman alterne le récit de sa survie actuelle avec celui de son ancienne vie, lorsqu'il était Jimmy, publicitaire pour un programme de recherche. Il décrit la vie des hommes dans les années 20XX?, où tout est basé sur la création de nouvelles espèces et de nouveaux produits sensés améliorer la qualité de vie, mais où ne subsiste plus aucune éthique.
10/18, 2007, 478 p.
Ce roman d'anticipation fait peur! On a l'impression que tout cela n'est pas si loin, et cela pose bien des questions sur la recherche scientifique : où va-t-on s'arrêter? J'ai donc été captivée, et j'ai beaucoup apprécié la construction du récit, l'alternance entre la survie de Snowman et la découverte progressive des causes qui ont précipité la suppression du genre humain. Après La voleuse d'homme que j'avais aussi beaucoup aimé, j'ai très envie de continuer ma découverte de Margaret Atwood.
Avis de Cuné et Praline.
07:40 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : margaret atwood, canada, sf
23.10.2007
C. K. Williams - Dissentiments
Le narrateur parle de sa relation difficile avec ses parents, aujourd'hui décédés, ainsi que de la relation de ses parents entre eux. Il décrit son admiration pour son père, les manifestations d'hostilité de celui-ci, l'angoisse de sa mère, ainsi que toutes ces petites choses qui font une famille.
Actes Sud, 2006, 292 p.
Impressionnante cette analyse des relations familiales!
C.K. Williams, qui je l'imagine s'exprime de manière relativement autobiographique, arrive malgré tout à atteindre une lucidité suffisante pour parler de sa famille avec une grande délicatesse. Il se montre critique mais tente par tous les moyens de comprendre l'attitude de ses parents, sans jamais amener de haine dans son discours.
A lire si l'on est intéressé par la psychologie et la psychanalyse...
07:23 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : c.k. williams, états-unis, famille
11.10.2007
David Gilbert - Les normaux
Billy, un jeune homme qui vit de petits jobs et couvert de dettes, décide d'intégrer un programme de recherche pharmaceutique en tant que cobaye.
10/18, 2007, 494 p.
Fatigue? Esprit encombré d'autres préoccupations? Je ne sais pas au juste pourquoi, mais après 65 pages je ne suis toujours pas dedans! J'abandonne donc cette lecture!
L'écriture est très surprenante, agréable mais ardue. Et je n'arrive pas à entrer dans l'histoire, qui avance lentement, très lentement.
Mais que ceux qui se sont intéressés à ce roman n'abandonnent pas l'idée de le lire! Il vaut certainement la peine, c'est juste que là, pour moi, non.
Ici une critique dithyrambique de Topolivres, là une plus nuancée de Cuné.
18:50 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : david gilbert, états-unis
07.10.2007
Seth Greenland - Mister Bones
Frank Bones est un comique ayant eu son heure de gloire dans les années 80, à présent sur le déclin. Sa seule alternative consiste à présent à jouer dans des séries médiocres pour la TV américaine. Lloyd Melnick a connu un grand succès comme scénariste de l'une de ces mêmes séries médiocres et commence à se rendre que ce n'est pas ce à quoi il aspirait réellement dans la vie. Ces deux produits hollywoodiens nagent dans un monde qui les rebute et leurs chemins se croisent à nouveau, après s'être perdus de vue pendant des années.
Liana Levi, 2005, 477 p.
Cette satire du milieu hypocrite et superficiel de Hollywood m'a fait énormément rire. Malgré les (ou grâce aux?) clichés qui se succèdent, la lecture de ce roman est jouissive. Enlevée, sarcastique, la plume vitriolée de l'auteur exploite chaque brèche pour se moquer avec délice du milieu. Malgré quelques longueurs vers le milieu du roman, j'ai donc découvert cet auteur avec grand plaisir, même si le thème de la jungle hollywoodienne ne soulevait pas à priori mon enthousiasme. En clair, je ne peux que vous conseiller Seth Greenland.
22:25 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : seth greenland, états-unis
27.09.2007
Mark Haddon - Le bizarre incident du chien pendant la nuit
Christopher, 15 ans, habite avec son papa dans une petite ville anglaise. Il est passionné par les maths, l'astronomie et son rat domestique. Ce qu'il faut préciser, c'est que Christopher est un enfant autiste. Il refuse d'être touché, n'aime pas ce qu'il ne connaît pas, et a besoin que tout soit prévu avec précision. Il est d'une logique implacable et ne comprend ni le second degré ni l'humour.
L'adolescent décide d'enquêter sur la mort du chien des voisins, troué par une fourche. Il enquête dans le voisinage et n'a qu'une obsession : résoudre ce mystère. Mais son père ne voit pas cette enquête d'un très bon oeil, et Christopher va finir par découvrir pourquoi...
Nil/Pocket, 2005, 345 p.
Ce récit très original se lit très facilement, d'une traite. Christopher est un enfant extrêmement attachant car il est très intelligent et très marrant, à travers son côté naïf. Même s'il ne décrit pas ses sentiments comme tels, il montre toute sa sensibilité d'une autre manière. Ce livre met également le doigt sur la difficulté pour les parents d'élever un enfant autiste, qui obéit à sa propre logique et ne laisse rien passer.
Chapeau à Mark Haddon car sa manière de faire ainsi parler un autiste semble très réaliste, ce qui est en soi une preuve de son talent!
20:13 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : mark haddon, grande-bretagne, autisme
22.09.2007
Tim Parks - Rapides
Clive et Michela, un couple de kayakistes, organisent un stage de kayak dans le Tyrol du Sud, en Italie. Le groupe est composé d'une quinzaine de touristes anglais, adolescents et adultes, venus progresser dans la pratique de ce sport extrême. La vie de groupe n'est pas simple à gérer, qui plus est dans ce contexte de sport dangereux, ou une vague anxiété plane toujours. Le choc des idées se fait aussi sentir, entre le couple de moniteurs aux vues altermondialistes et la diversité des participants - banquiers, assureurs ou autres. Le récit est assuré par Vince, l'un des touristes venu avec sa fille, son épouse étant décédée depuis quelques mois. Cette expérience particulière va remettre totalement en question sa façon de vivre actuelle, comme banquier à la City.
Actes Sud, 2006, 301 p.
J'ai eu de la peine à entrer dans le roman, car les personnages mettent un certain temps à prendre du relief. Les touristes Britanniques jamais à cours d'une blague graveleuse et les moniteurs naïvement altermondialistes m'agaçaient à divers degrés. Mais l'arrivée de Vince, donnant un angle intéressant au récit, m'a permis de m'attacher aux protagonistes et de m'accrocher à l'histoire.
La thématique du sport extrême m'a bien plu. Que recherchent ceux qui pratiquent ce genre de sport? Le texte comporte un peu trop de descriptions techniques, mais cela amène un certain suspense.
En bref, je recommanderais ce roman principalement pour son originalité. Allergiques au sport s'abstenir!
16:15 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tim parks, angleterre, sport
05.09.2007
James W. Nichol - Ne te retourne pas
A l'âge de 3 ans, Walker est abandonné au bord de la route par sa mère. Elevé entre foyers et familles d'accueil, il grandit sans rien savoir de ses origines. Mais lorsqu'il atteint sa majorité, Walker, en accédant à son dossier, découvre une lettre et une photo qui pourraient le mettre sur la piste... Et il décide de retrouver ses parents. Il part alors s'installer à Toronto, où ces documents semblent le diriger. De rencontres en indices, Walker progresse dans ses recherches, avec l'aide de Krista, une jeune femme infirme dont il tombe amoureux. Mais de nombreux obstacles vont se dresser sur leur route, jusqu'à la découverte de la vérité.
10/18, 2007, 378 p.
Ce roman plein de suspense comporte toutes les ficelles d'un bon polar, sans en être réellement un. J'ai suivi avec plaisir la quête de Walker, jeune homme plein d'espoir et très attachant. J'ai donc passé un très agréable moment, mais il est vrai que ce roman, le premier de James W. Nichol, n'est pas non plus inoubliable.
A découvrir!
22:11 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : james w. nichol, canada
12.08.2007
Paul Auster - Brooklyn Follies
Nathan Glass, retraité et divorcé, vient s'établir à Brooklyn après une vie à Manhattan. Il renoue rapidement les liens avec son neveu Tom, perdu de vue, et qui semble avoir perdu ses illusions de jeunesse. Il y a également Harry, l'extravagant patron de la librairie Brightman où travaille Tom. Les trois hommes se lient rapidement d'une grande complicité, et passent des soirées à rêver à une vie meilleure. Lucy, la nièce de Tom, débarque un beau jour dans leur vie, suivie de peu par Honey, grande et solide femme du Vermont. Sous l'impulsion de Nathan Glass et de son optimisme, tous ces personnages vont peu à peu s'aimer, s'aider, vivre, dans ce Brooklyn à l'atmosphère si particulière.
Actes Sud, 2005, 363 p.
Depuis le temps que ce titre m'attend dans ma pile, je me suis enfin décidée à le lire. Pas que j'étais réticente, au contraire. Plutôt parce que je voulais faire durer le fait que le plaisir était à venir!
Et je me suis une fois de plus retrouvée enserrée dans la toile de la narration de Paul Auster. Ce récit optimiste rend immédiatement accro, et je me suis bien sûr prise au jeu des personnages attachants dépeints par le romancier. Une histoire touchante sur les difficultés de la vie, et sur la manière de les surmonter, de continuer à avancer. J'ai trouvé Brooklyn Follies de construction plus simple que le Livre des illusions, la Nuit de l'oracle ou la Trilogie new-yorkaise, donc relativement différent. Un livre qui fait vraiment du bien, sans pour autant sombrer dans la facilité.
Brooklyn Follies a plu notamment à Barbabella, Nicolas, Thom et bien d'autres...
22:37 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : paul auster, brooklyn follies, états-unis
15.07.2007
Jay McInerney - Trente ans et des poussières
Fin des années quatre-vingts. Russell et Corrine forment le couple parfait. Branchés, mondains juste ce qu'il faut, et surtout pleins de bons sentiments. Russell travaille pour une grande maison d'édition mais ne semble pas montrer d'ambition particulière. Corrine est courtière en bourse mais garde une distance critique face à ce milieu. Mais lorsque l'odeur de l'argent se fait sentir, Russell se montre plus corruptible que prévu... et c'est le début de la fin pour ce jeune couple d'apparence équilibrée.
Points, 1995, 572 p.
J'ai eu quelque peine à m'immerger dans l'univers créé par Jay McInerney, que je découvrais par ce roman. Quelque chose dans son style me dérangeait, ou plutôt m'ennuyait. Puis je me suis laissée prendre dans l'histoire, finalement assez banale, de ce jeune couple bien sous tous rapports qui se laisse gagner par l'appât du gain, sacrifiant ses bons sentiments à la grande vie new yorkaise. Puis badaboum, tout commence à dégringoler. C'est là que ça a commencé à m'intéresser... Et à partir de là, j'ai beaucoup apprécié le récit. En définitive, je suis contente d'avoir découvert cet auteur qui semble être une figure importante de la littérature américaine contemporaine.
Florinette, dans sa critique enthousiaste, m'apprend que ce roman comporte une suite que j'ai très envie de découvrir!
Mon commentaire sur le roman de Murakami, lu il y a quelques semaines, arrivera bientôt! J'ai pris du retard...
19:55 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : jay mcinerney, états-unis
05.06.2007
Tracy Chevalier - La vierge en bleu
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XXe siècle. Un couple américain, Ella et Rick, vient s'établir près de Toulouse. Sa nouvelle vie ne lui convenant guère, Ella décide de partir à la recherche de ses origines, et son enquête la mène en Suisse.
XVIe siècle. Isabelle est enceinte d'Etienne, le fils de riches paysans protestants. Elle est contrainte d'épouser celui-ci et de vivre avec une famille qui la traite avec hostilité. Mais la guerre des religions fait rage, et la famille doit fuir. Direction : Moutier, une petite ville suisse protestante.
Les deux récits de ces lointaines parentes se relaient tout au long du roman, jusqu'à se rejoindre lorsque Ella découvre les lieux de ses origines, où s'est joué le drame d'une famille lors des Guerres de religion.
Tracy Chevalier, La vierge en bleu. Folio, 2007, 427 p.
Ce roman de Tracy Chevalier - son premier - se lit très facilement. La trame est intéressante, l'aspect historique m'a bien plu. Cependant, il manquait un petit quelque chose pour que je sois aussi emballée que dans la Jeune fille à la perle et le Récital des anges.
Anecdote amusante : quelle ne fut pas ma surprise lorsque je m'aperçus qu'une partie de l'histoire se déroulait à Moutier, minuscule ville suisse située à 15 minutes d'où j'ai grandi ;-)
Voir la critique plus enthousiaste de la Conjuration des livres!
23:03 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tracy chevalier, vierge en bleu, états-unis
30.05.2007
Siri Hustvedt - Tout ce que j'aimais
C'est l'histoire de l'amitié d'une vie. Entre William, artiste, et Leo, professeur d'histoire de l'art. Et entre leurs familles respectives. C'est l'histoire d'une vie, de plusieurs vies, de la mort, de l'art et de New York. C'est une histoire d'amour, une histoire de deuil et une histoire de la folie. Bref, c'est une histoire difficile à résumer et qui doit se laisser découvrir tant elle est complexe et envoûtante et inattendue.
Comme la vie, en somme.
Siri Hustvedt, Tout ce que j'aimais. Actes Sud/J'ai lu, 2006, 446 p.
Voici longtemps que je n'avais pas été pareillement sous l'emprise d'un récit. Durant ces quelques jours qu'ont duré ma lecture, j'étais un peu dans le monde réel, et beaucoup dans le monde de Leo, Bill, Violet, Mark et des autres protagonistes de ce récit incroyable. Je suis béate d'admiration devant la subtilité et la finesse avec lesquelles Siri Hustvedt décortique les relations humaines et la complexité de la vie. Devant la justesse et l'humanité qui guident sa plume et qui donnent vie à ses personnages.
Bref, un grand roman que je vous conseille chaleureusement, comme l'avaient déjà fait notamment Julie et Lisa!
(Seule déception : les 40 dernières pages qui m'ont semblé de trop, comme un récit accolé au reste et qui m'ont parues superflues. Je la mets entre parenthèse, car cela n'enlève rien à mon coup de coeur!)
20:15 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : siri hustvedt, tout ce que j'aimais, états-unis
15.05.2007
Tawni O'Dell - Retour à Coal Run
Ivan Zoschenko a grandi à Coal Run, Pennsylvanie. L'industrie locale de ce hameau : les mines de charbon. Lorsqu'il a cinq ans, une explosion souterraine tue une grande partie des mineurs du village. Dont son père, immigrant ukrainien, son oncle et son grand-père. Cet événement traumatise toute la région, laissant de nombreuses familles sans père et sans mari. On rencontre Ivan lorsqu'il entame la trentaine. Il est de retour à Coal Run après de nombreuses années d'exil en Floride. C'est que l'avenir prometteur d'Ivan comme footballeur fut brutalement interrompue dans sa jeunesse par un accident. Ivan avait alors fui ses racines. Plein de culpabilité, il est de retour, et les fantômes de son passé resurgissent aussitôt.
Tawni O'Dell, Retour à Coal Run. 10/18, 2007, 413 p.
Après Le temps de la colère que j'avais énormément apprécié, je suis un peu déçue par Retour à Coal Run. Je me suis ennuyée, surtout au début. C'est la qualité de l'écriture qui m'a donné envie de continuer : par exemple, les descriptions de la dure vie des mineurs, de la défection de l'industrie et de la tombée en ruines de toute une région. L'ambiguité des émotions des personnages, et en premier lieu d'Ivan Zoschenko, est également très bien décrite. Tawni O'Dell réussit donc très bien à rendre l'atmosphère propre à cette Amérique subissant une certaine misère sociale et ses personnages désabusés.
Voir également les avis de Solenn et de Cuné sur Critiques libres.
Celles et ceux qui ont apprécié Retour à Coal Run apprécieront certainement Richard Russo.
19:39 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tawni o'dell, états-unis
23.04.2007
Frank Tallis - La justice de l'inconscient
Vienne, début du 20è siècle. Une jeune médium est retrouvée assassinée, dans une mise en scène qui ressemble à une illusion. En effet, la balle qui l'a tuée a disparu, et la femme est retrouvée dans son salon enfermée de l'intérieur, ce qui est impossible! S'agirait-il d'une vengeance d'un quelconque esprit supérieur? L'inspecteur Reinhardt n'y croit pas, et Max Liebermann, jeune psychanalyste qui l'aide dans son enquête, y croit encore moins!
Frank Tallis, La justice de l'inconscient. 10/18, 2007, 442 p.
Très sympa cette nouvelle série policière! Les débuts de la psychanalyse dans une Vienne mélomane constituent un contexte très original, et très intéressant. Cela permet de se rendre compte à quel point les découvertes de Freud représentaient alors une révolution dans la manière de penser l'humain et rencontraient de grandes résistances... Le côté mystique m'a moins plu, étant totalement hors de cette pensée, et ajoutaient un côté "comique" à l'intrigue. La construction, très traditionnelle, m'a bien sûr tenue en haleine. Je crois savoir que Frank Tallis a publié un second opus des enquêtes de Reinhardt et Liebermann, Du sang sur Vienne.
08:05 Publié dans Littérature anglo-saxone , Polars | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : frank tallis, autriche
14.04.2007
Jonathan Tropper - Le livre de Joe
Joe Goffman vient de publier son premier roman qui devient rapidement un best-seller. Une adaptation au cinéma s'ensuit, ce qui rend Joe rapidement très riche. Bush Falls, le livre qu'a écrit le jeune auteur, est tiré de l'enfance de celui-ci dans une petite ville du Connecticut. Les personnages de la ville sont y décrits de manière fort peu glorieuse, et la ville entière est folle de rage. Mais Joe n'y a plus mis les pieds depuis dix-sept ans et ne s'en préoccupe pas. Jusqu'au jour où son père tombe dans le coma, et où Joe est contraint de retourner à Bush Falls. Ce retour aux sources va lui montrer la rancoeur que lui vouent les habitants, et le replonger douloureusement dans son enfance, dont il avait occulté des pans entiers.
Jonathan Tropper, Le Livre de Joe. 10/18, 2007, 411 p.
Alors là, ça faisait longtemps que je n'avais pas pareillement dévoré un livre! Autant dire qu'il m'a éblouie, mais aussi énormément émue. Le retour de Joe à ses racines remue en lui des sentiments incontrôlables d'une force inouïe, et ses émotions ambiguës, entre culpabilité et regrets, m'ont vraiment retournée. Cela montre bien la difficulté de quitter puis revenir dans les lieux de l'enfance. Les relations familiales y sont aussi très bien décortiquées, ainsi que le deuil et l'amitié. Et tout cela sous une superbe plume, pleine de verve et d'humour! Bref, un vrai régal que partagent également Florinette, Agapanthe et Clochette, alors que Chimère est un poil moins enthousiaste (il en faut bien!).
19:09 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jonathan tropper, livre de joe, états-unis
26.03.2007
Louis Begley - Mistler prend congé
Thomas Mistler est un magnat de la publicité new yorkaise. Un beau jour, il apprend par son médecin qu'il est atteint d'un cancer du foie incurable. Consterné, il décide de partir quelques jours à Venise, sa ville fétiche, pour réfléchir à sa fin proche, comment l'annoncer à sa famille qui pour l'instant ne sait rien, etc. Mais voilà : les quelques jours de solitude que pensait s'octroyer Mistler sont tout à fait autres! Plusieurs rencontres inopinées et malvenues viennent troubler sa retraite... et alimenter sa réflexion!
Louis Begley, Mistler prend congé. Grasset, 1999, 250 p.
J'ai eu beaucoup de peine avec ce roman de Louis Begley, auteur qui m'était totalement inconnu malgré sa bibliographie bien fournie. Comment expliquer... Mistler, le personnage principal, m'a paru très déplaisant tout au long du récit. Je n'ai pas réussi à éprouver pour lui une once de bienveillance ou d'affection, malgré son état. Il faut dire que Begley nous offre le portrait d'un type assez horrible, qui a grandi avec une cuillère en argent dans la bouche et qui se comporte affreusement avec la majorité de son entourage. Et ce milieu dans lequel il baigne... tellement vieux jeu et hypocrite!
Voilà. Je ne sais pas vous, mais moi je suis rarement satisfaite des romans dont les personnages me déplaisent! Ce qui ne veut absolument pas dire que le livre est mauvais, au contraire! J'imagine que l'auteur ne voulait pas nous faire aimer ce Mistler...
Je relève d'ailleurs la qualité de l'écriture qui est très bonne, ainsi qu'une intéressante réflexion de fond sur le thème de la mort, ou plutôt de son appréhension.
18:56 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : louis begley, mistler prend congé
22.03.2007
Richard Russo - Quatre saisons à Mohawk
L'histoire de passe dans l'Amérique pauvre de l'après-guerre. Sam Hall, jeune vétéran de la Seconde Guerre mondiale, mène une vie instable malgré sa femme et son fils Ned. Il boit beaucoup, fait des paris et travaille à un rythme saisonnier. Il se fait de plus en plus rare dans sa vie de famille, et disparaît régulièrement pour de longues périodes. Mais un beau jour, la maman du petit Ned tombe dans une grave dépression et est placée en clinique. Sam Hall se voit donc contraint de s'occuper de son fils, activité pour laquelle il ne possède aucune expérience... Mais Ned s'attache tout de même à son père, qui ne lui épargne aucune facette de sa vie.
Richard Russo, Quatre saisons à Mohawk. 10/18, 2007, 602 p.
Même si cette lecture a duré très longtemps, je l'ai beaucoup appréciée!
La relation entre ce père qui n'a aucune notion d'éducation, et ce petit garçon très sensible, est extrêmement touchante. Très maladroite et hésitante, leur affection se développe pourtant de façon évidente au fil du récit. Le petit garçon apporte sa dose de douceur à Sam, homme à la tête dure mais généreux et honnête.
La description de l'Amérique des couches populaires à laquelle aboutit le récit de Ned m'a beaucoup plu, car elle permet de se faire une idée assez nette de cette classe sociale à cette époque dans une petite ville en proie au désespoir économique. J'apprécie toujours ce type de "peinture" d'une société.
Et puis l'écriture. Très bien maîtrisée, décrivant de façon juste et sensible les sentiments du narrateur, je me suis beaucoup attachée aux personnages.
Décidément, je crois que j'apprécie de plus en plus la littérature nord-américaine!
19:00 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : richard russo, états-unis
07.02.2007
Harlan Coben - Juste un regard
Jack et Grace sont mari et femme. Il est dans la recherche scientifique, Grace est artiste peintre. Ils ont deux enfants, Emma et Max, et tout semble bien aller. Ils vivent dans la banlieue new yorkaise.
Un jour, Grace va chercher des photos d'une sortie en famille qu'elle avait amenées à développer dans un magasin. Et dans la pile de photos, se trouve une photo étrange, représentant 5 jeunes gens, une photo qui semble dater d'un certain nombre d'années. Jack, après que Grace lui ait montré ce cliché, disparaît dans la nuit. Commence alors le cauchemar.
Harlan Coben, Just one look. Orion, 2004, 387 p.
C'était mon premier Coben, et j'ai passé un bon moment. Il faut dire que la formule est efficace : impossible de lâcher en route, on accroche comme une sangsue tant le suspense est grand et les interrogations se doivent d'être résolues.
Par contre, je ne trouve pas ce polar original, au contraire, très traditionnel à l'américaine : petite famille proprette où tout va bien, et puis soudain non rien ne va plus et une vie entière est remise en question. Enfin, des rebondissements multiples et variés jusque dans les toutes dernières pages...
Mais c'est le genre de lecture idéale pour se distraire réellement, sans prise de tête.
Voir l'avis mitigé de Lilly
La lecture en anglais s'est bien passée, je crois que j'ai compris qui était le meurtrier ;-))
08:20 Publié dans Littérature anglo-saxone , Polars | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : harlan coben, polar, états-unis
31.01.2007
Shopping de livres
Un petit week-end à Londres, et je n'ai pas pu m'empêcher de m'arrêter au détour d'une petite librairie de Brick Lane! Histoire d'exercer un peu mon anglais...
Tout d'abord, la suite de "Bienvenue au club" de Jonathan Coe ![]()
Ensuite, un bon polar comme je les aime : Just one look de Hablan Coben
![]()
Puis, un classique so british : Jane Austen, Northanger Abbey![]()
Et, dernière acquisition du week-end, In cold blood de Truman Capote... J'étais intriguée par ce livre dont on entend beaucoup parler.
Bon, y a du boulot! Mais je me réjouis!
22:00 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : shopping, livres, anglais
30.01.2007
Jonathan Coe - Bienvenue au club
Benjamin grandit dans les années septante à Birmingham, Grande-Bretagne. Jonathan Coe nous fait vivre les aventures du jeune homme et de ses amis du collège privé qu'ils fréquentent, entre la publication du journal de l'école, les rêves de création musicale et littéraire, et la naissance des sentiments amoureux. Avec en toile de fond la montée du syndicalisme britannique, les grèves, la montée du nationalisme, le racisme grandissant contre les Irlandais, et contre les ressortissants des colonies britanniques qui arrivent dans le pays.
Jonathan Coe, Bienvenue au club. Gallimard, 2003, 540 p.
Jonathan Coe réussit à nous plonger dans une époque, dans une ambiance, les Seventies en Angleterre! J'aime beaucoup ce style, genre "chroniques d'une époque", et c'est très réussi en l'occurrence! Plus sérieux qu'un David Lodge, il m'a quand même fait penser à son "Jeux de maux".
Une vraie belle découverte que cet auteur et il me tarde de lire la suite de "Bienvenue au club" intitulé "Le cercle fermé", que j'ai trouvé à Londres, in english of course!
07:52 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jonathan coe, angleterre
21.01.2007
Un nouveau blog de passionnées...
Bravo à Flo et Florinette, les animatrices respectives des blogs Mes lectures et les Lectures de Florinette, pour l'ouverture de leur nouveau blog en commun : l'Austerblog!![]()
Toutes deux passionnées de l'écrivain Paul Auster, elles ont décidé d'unir leur passion sur ce nouveau blog qui propose plein d'infos sur l'auteur et son actu littéraire, en plus de leurs commentaires personnels sur son oeuvre magnifique.
Affaire à suivre, donc, et la (bien que récente) inconditionnelle d'Auster que je suis salue vigoureusement cette belle initiative!
--> Découvrez l'Austerblog : http://austerblog.over-blog.com/
14:10 Publié dans Littérature anglo-saxone , Web&lecture | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paul auster, blog
18.01.2007
Ian McEwan - Samedi
Henry Perowne est un neurochirurgien qui a tout pour être heureux : passionné par son métier, il est très amoureux de sa femme malgré 20 ans de vie commune, a élevé deux beaux enfants qui réussissent chacun dans leur domaine, et habite dans une belle maison au centre de Londres.
On est un samedi de février 2003. Un banal samedi dans la vie de quelqu'un qui a réussi, et qui n'a pas de gros soucis à affronter. Au programme : une partie de squash, l'achat des courses pour le bon souper du soir, une visite à sa mère dans sa maison de retraite, puis un souper avec la famille au grand complet, enfin réunie. Mais voilà, la journée qui débute est jalonnée de petits incidents, de ces petits rien. Non, ce n'est pas le début imminent de la guerre en Irak par les Américains et les Anglais, contre laquelle manifestent ce jour-là des millions de personnes au centre de Londres qui cause des soucis à Henry. C'est un accrochage avec une BMW suivie d'une querelle avec son propriétaire, une défaite imméritée au squash, une dispute avec sa fille chérie qu'il n'a plus vue depuis des semaines. Comment une journée comme tant d'autres peut-elle tourner ainsi au désastre? Car ces micro-événements ne sont que le prélude de ce qui va suivre...
Ian McEwan, Samedi. Gallimard, 2006, 349 p.
J'ai été ravie par la lecture de ce nouveau roman de McEwan. J'ai beaucoup aimé la concentration de l'histoire, tout en lenteur - le fait de suivre pas à pas une personne durant une journée, découvrant peu à peu son univers, aussi bien familial que professionnel. En plus de son entourage, on cerne petit à petit ce qui forme les pensées de ce personnage gâté par la vie, quelles sont les préoccupations de quelqu'un qui ne devrait pas avoir de souci - mais qui en a évidemment autant que quiconque. Puis, le suspense et l'effroi, qui surgissent enfin, au faîte de l'histoire.
Sur fond des bouleversements de l'ordre mondial de ce début de XXIème siècle, on explore ainsi UN être humain et son désarroi d'un jour. Mais cela ramène évidemment à nos propres doutes et angoisses, ainsi qu'à la fragilité de notre société.
Bref, voici un roman minutieusement construit qui décortique à merveille les phobies de notre époques, dans les dimensions individuelles et collectives.
22:50 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : angleterre
14.01.2007
Nicci French - Les morsures du doute
Ce recueil est composé de trois nouvelles.
- La première donne la parole à une petite fille qui raconte comment se passe la vie à la maison, avec son papa camionneur, très affectueux, et sa maman malade, toujours au lit. Sa grande soeur qui fume en cachette, son grand frère qui n'est jamais là. On ne la sent pas tranquille. Quelque chose se trame derrière son dos mais elle ne sait pas quoi exactement.
- La seconde nouvelle, beaucoup plus longue, a pour cadre le drame de la perte d'un enfant. Cette fois, c'est la maman qui parle. Max, le grand frère de Rory, l'enfant mort noyé, semble perturbé, mais quoi de plus normal? Rick, le père, ne s'en remet pas et boit trop. Il finit par aller consulter une psy, mais cela cesse brusquement. Le couple s'éloigne de plus en plus, semblant chercher en l'autre un coupable. En effet, il semble étrange que Rory ait voulu aller seul dans la piscine alors qu'il avait peur de l'eau...
- Le dernière nouvelle est tellement courte qu'il ne vaut pas la peine de tenter de la résumer, mais elle a pour cadre une famille, elle aussi...
Nicci French, Les morsures du doute. Fleuve Noir, 2006, 181 p.
J'ai tout d'abord été surprise, car Nicci French écrit généralement des thrillers haletants, comme The Red Room. Mais là, rien de tout cela, il s'agit de courts récits intimistes qui ont pour point commun de mettre en scène un meurtre dans la famille. Mais pas de détails sordides ni de suspense insoutenable. L'intérêt réside plutôt dans la narration d'une ambiance de famille par l'un de ses membres, amenant petit à petit le lecteur au bout de l'horreur, dans un suspense délicat. Beaucoup de non-dits subsistent, c'est tout en suggestions que le lecteur doit s'imaginer les détails de chaque histoire. Nicci French sort ici des sentiers battus et ça me paraît réussi!
10:42 Publié dans Littérature anglo-saxone , Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : angleterre
12.01.2007
Stephen McCauley - L'objet de mon affection
George, le narrateur, emménage avec Nina, psychologue fantasque, suite à une déception amoureuse. Celle-ci est enceinte de Howard et change sans cesse d'avis concernant leur relation. Nina propose alors à George de l'aider à élever l'enfant, mais celui-ci hésite. Il ne sait pas trop non plus comment gérer ses propres relations amoureuses avec des hommes compliqués, notemment un certain Paul qui lui fait de l'oeil depuis le Vermont. La vie est compliquée.
Stephen McCauley, L'objet de mon affection. 10/18, 1989, 382 p.
Je suis toujours un peu crispée quand je commence un livre d'un auteur dont j'ai tant entendu parler en bien! Mais j'ai été charmée par l'humour ravageur du roman et la personnalité des personnages, dont certains sont presque caricaturaux! Je me suis vraiment attachée à George au fil des pages, cet homme trop gentil et trop honnête maître dans l'art de vouloir faire plaisir à tout le monde et de souffrir en premier. L'autoflagellation est une autre de ses spécialités, ponctuant son manque de confiance en lui. Nina, la colocataire, n'est pas en reste, féministe et soupe au lait...
Que les relations et les êtres sont compliqués, dans l'univers de McCauley! Sinon, j'a-do-re l'ambiance new yorkaise, si particulière.
J'ai donc passé un bon moment et compte bien découvrir d'autres titres de McCauley, même si ce n'est pas la révélation de l'année.
Il s'agissait d'une lecture commune, allez donc voir ce que pensent Cuné et Lisa de ce livre!
Suite du programme :
-pour le 12 février : Les chemins de la bête de Andrea H. Japp
-pour le 12 mars : Marie de Marek Halter
16:20 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : états-unis
29.12.2006
Jonathan Safran Foer - Extrêment fort et incroyablement près
Le papa d'Oskar, 9 ans, est mort dans l'effondrement des tours le 11 septembre 2001. Le petit garçon, en fouillant dans les affaires de son père, trouve une clé et décide de trouver la serrure qui y correspond. Sa quête dans New York commence alors.
Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près. L'Olivier, 2006, 424 p.
Extrêmement fort et incroyablement émouvant, voilà ce que j'en dis!
Oskar, ce petit garçon très émotif et à fleur de peau, plein d'imagination et de fantaisie, m'a bouleversée. Les rencontres que fait le petit garçon, sa spontanéité et sa sincérité, son courage et son désespoir. Les lettres écrites par son grand-père, parti il y a 40 ans, à son père, sont également très émouvantes, tout comme les lettres écrites par sa grand-mère adorée à Oskar, toutes ces lettres qui esquissent une vie, des vies. Ce roman est bien plus qu'un roman, c'est un véritable objet littéraire, en témoignent les originalités typographiques et les photos, qui donnent son ampleur au texte. Un vrai régal, en fait.
J'avais déjà beaucoup apprécié le premier roman de Jonathan Safran Foer, Tout est illuminé, dans un autre genre.
14:58 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : new york, états-unis
16.12.2006
Iain Levison - Un petit boulot
Une petite ville du Wisconsin, qui voit ses usines fermées les unes après les autres, et son économie s'écrouler. Une ville au chômage. Jake est l'une des victimes de ce désastre. Sa copine l'a quitté, il s'est fait saisir la télé, le câble et couper le chauffage... Alors, quand le mafieux local lui propose de tuer sa femme, il accepte. Le mandat sera suivi d'autres, et Jake retrouve une forme d'estime de soi, il a un boulot! Et avec l'argent qui entre, il espère se refaire une situation honnête. Car il n'est pas comme ça, au fond.
Iain Levison, Un petit boulot. Liana Levi, 2003, 210 p.
Alors voici pour moi une jolie découverte! Même si cet adjectif ne semble pas très approprié, car ce roman n'a rien de joli! L'univers glauque d'une petite ville morte est très bien décrit par Levison. Le désarroi des gens dont personne ne se préoccupe, et dont l'avenir est bien mal barré, le symbole de toute une part de la société américaine actuelle ressortent très bien et m'ont révoltée!
Le personnage principal, Jake, est très attachant malgré son statut de tueur à gages. Car on s'en rend bien vite compte : c'est un gars honnête, loyal et travailleur qui ne demande pas mieux que de gagner sa vie et fonder un foyer... Un vague relent du Couperet de Westlake... Ce récit, donc, même s'il est peut-être de ceux qu'on oublie assez rapidement, vaut vraiment la peine qu'on s'y arrête!
21:06 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : états-unis
12.12.2006
Jeffrey Eugenides - Middlesex
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Cette histoire foisonnante et dense débute dans les années 20 en Grèce. Là, Lefty et Desdemona sont confrontés aux attaques des Turcs et parviennent à s'embarquer sur un paquebot. Destination : l'Amérique. Au cours du voyage, ils se marient, heureux. Ce que les gens ne savent pas, c'est qu'ils sont frère et soeur. Le narrateur, Cal, leur petit-fils à présent adulte, nous emmène ensuite dans le récit de la découverte du "rêve" américain par le couple. La Grande Dépression des années 30, la naissance de leurs enfants, l'attachement aux traditions grecques et orthodoxes. Puis la vie d'adulte de Milton, leur fils, qui épouse sa cousine Tessie après avoir servi dans l'armée américaine. Les années 50 et 60, les émeutes raciales, et la naissance du narrateur. Ou plutôt de la narratrice : Callie. Commence alors le récit de sa vie, qui est une vie de fille normale jusqu'à ses 14 ans, où la puberté devrait voir son corps se transformer. Il se transforme, mais pas dans le bon sens... Et c'est là qu'un médecin découvre ce que Callie savait déjà : elle est hermaphrodite, elle possède donc les organes des 2 sexes. Son identité de genre est féminine, puisqu'elle a été élevée comme une fille. Mais elle est un garçon. Trop bouleversée par ces événements, elle fuit et en profite pour achever sa tranformation. Il est maintenant un garçon nommé Cal.
Jeffrey Eugenides, Middlesex. L'Olivier, 2003, 678 p.
Tout simplement époustouflant, ce roman m'a passionnée et bien souvent émue. Tellement riche, tellement dense, recouvrant tant de choses, 3 générations, un demi-siècle d'histoire illustré par une saga familiale particulière et en même temps, tellement normale. La multiplicité des thèmes abordés, comme l'exil, la recherche de l'identité culturelle, la recherche de l'identité sexuelle, cette dualité omniprésente entre la Grèce et les États-Unis, être un homme ou être une femme... Le récit est construit comme un va-et-vient entre le présent du narrateur et le passé de sa famille, parsemé de parenthèses sur la mythologie grecque ou des détails de l'histoire du XXème siècle, mais ces incartades sont parfaitement maîtrisées et je ne me suis pas ennuyée une seconde!
Jeffrey Eugenides, l'auteur de "Virgin Suicides", a reçu le Prix Pulitzer pour "Middlesex". On comprend pourquoi.
Comme c'était la lecture commune de décembre, allez donc voir ce qu'en disent Chimère, Cuné et Lisa
Prochaines lectures communes
- 12 janvier : Stephen MacCauley, L'objet de mon affection
- 12 février : Andrea H. Japp, Les chemins de la bête
07:50 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eugenides, middlesex
10.11.2006
Nuala O'Faolain - On s'est déjà vu quelque part?
Ce livre constitue l'autobiographie de Nuala O'Faolain, journaliste irlandaise. De l'enfance dans les années 1940 au sein d'une fratrie de 9 enfants, avec un père absent et une mère alcoolique, à la vie d'étudiante puis professionnelle, Nuala O'Faolain traite des nombreuses thématiques qui ont constitué sa vie. Les relations avec ses parents, bien sûr, puis avec les hommes. La condition de la femme, où comment cette jeune catholique pratiquante était persuadée que sa vie devait se dérouler au foyer, avec époux et enfants, et pourquoi ce ne fut pas le cas. La passion de la littérature, les révolutions de la vie universitaire des années soixante. Les voyages, les rencontres, la pratique du journalisme, tout cela dans le contexte irlandais qui constitue ses racines.
Nuala O'Faolain, On s'est déjà vu quelque part? 10/18, 2002, 312 p.
J'ai beaucoup apprécié la lecture de ce récit très vivant, qui m'a permis de découvrir une personnalité passionnante. Nuala O'Faolain fait le récit de sa vie en nous guidant de ses émotions, ses déceptions, peurs, peines et joies. Elle tente de comprendre les comportements de sa jeunesse, et ceux de ses parents. Elle prend du recul pour nous faire partager ce que fut - et est encore - sa vie, mais elle provoque également nos propres questionnements, ce qui donne l'occasion de se poser soi-même certaines questions.
On s'est déjà vu quelque part est sa première publication, et Nuala O'Faolain a depuis écrit d'autres romans que j'ai très envie de découvrir.
16:29 Publié dans Littérature anglo-saxone |


