11.04.2007
Yasmina Khadra - Les hirondelles de Kaboul
Kaboul, sous le régime des taliban. Atiq est
un ancien milicien reconverti en geôlier. Sa femme Mussarat est gravement malade. Mohsen et sa femme Zunaira, eux, ont tout perdu après avoir vécu dans les milieux aisés. Ces quatre personnages traînent leur désespoir dans une Kaboul où plus rien n'est permis, pas même l'espoir.
Yasmina Khadra, Les hirondelles de Kaboul. Juillard / Pocket, 2004, 147 p.
Ce livre est d'un réalisme bouleversant. Pas une lueur d'espoir dans l'histoire de ces deux couples! Ce roman montre bien l'horreur de la dictature des taliban qui annule toute vie, empêche de rêver et d'aller de l'avant, et qui annihile toute forme de joie de cette population qui n'a plus de libertés. Il met notamment en relief la condition de la femme qui est catastrophique :
"Comment a-t-elle pu accepter d'enfiler ce monstrueux accoutrement qui la néantise, cette tente ambulante qui constitue sa destitution et sa geôle, avec son masque grillagé taillé dans son visage comme des moucharabiehs kaléidoscopiques, ses gants qui lui interdisent de reconnaître les choses au toucher, et le poids des abus?"
(p. 76)
Ce livre très lourd me semble très important à qui veut se faire une idée de la triste réalité de ce régime totalitaire.
J'avais découvert Yasmina Khadra avec Le dingue au bistouri, l'un de ses polars que j'avais beaucoup aimé. Un tout autre genre, mais c'est sûr, Yasmina Khadra est un écrivain qu'il faut lire.
19:35 Publié dans Littérature arabe | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : yasmina khadra, hirondelles de kaboul, afghanistan
17.09.2006
Betool Khedairi - Un ciel si proche
La narractrice de ce roman nous raconte les souvenirs de son enfance en Irak, aux côtés d'un père irakien et d'une mère anglaise. Celle-ci ne parvient pas - ou ne désire pas - s'adapter à la culture de ce pays qui lui est si étrangère. Le couple se déchire donc au sujet de l'éducation de leur fille, ce qui rend l'ambiance familiale très difficile. Lorsque la narratrice entre dans l'adolescence survient la guerre Iran-Irak, et suivent des années très difficile de peur et de désespoir, durant lesquelles l'héroïne se réfugie dans la pratique de la danse. Enfin, à l'arrivée de l'âge adulte, celle-ci voit son père mourir et sa mère tomber malade, toutes deux retournent donc en Angleterre. Et là, sa mère se rend compte qu'elle ne s'adapte pas mieux à ce pays qu'elle ne reconnaît plus.
Betool Khedairi, Un ciel si proche. Gallimard, 2006, 273 p.
Ce récit partant d'un point de vue d'enfant qui s'adresse à son père, décrit de façon directe les joies et les soucis d'une enfance déchirée entre deux cultures. Le regard - innocent mais non naïf - est touchant. Le roman évolue ensuite différemment à l'arrivée de la guerre, mais aussi de l'adolescence, et là la narration se fait plus rythmée, recréant la nervosité ambiante. Le premier roman de cette irakienne m'a laissé un goût amer, de par son pessimisme, même si j'ai eu beaucoup de plaisir à le découvrir.
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