19.03.2008

Dupuy, Berberian, Jean-C. Denis - Un peu avant la fortune

12e3ff36102a6b3a649817e69c8f2752.jpgEtienne est un détective privé en manque de clientèle. Il gagne le gros lot au loto. Mais la route sera longue avant de pouvoir éventuellement toucher le pactole, tant les mésaventures se succèdent.

Aire Libre, 2008

Je continue dans la BD, et bien m'en prend...
Cette nouvelle découverte m'a fait passer un moment sympa, quoique pas inoubliable, et m'a permis de réfléchir à une question essentielle : gagner au loto est-il vraiment une chance permettant de régler tous les problèmes? Ne serait-ce pas plutôt une source de problèmes de toutes sortes?
Il y a très peu de chances pour que j'ai l'occasion d'y répondre un jour, mais ce scénario m'a permis d'y penser quand même, ce qui ne sert à rien mais change les idées!

L'avis de Nicolas, beaucoup plus avisé et critique que mon oeil naïf!

13:55 Publié dans BD , Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : dupuy, berberian, jean-c. denis, france

18.03.2008

Emmanuel Lepage et Sophie Michel - Oh les filles! (1ère partie)

9f85d12733c11c55986a1c9bc3678a8e.jpgOn suit le quotidien de Chloé, Leïla et Agnès, trois filles du mêmes âge à Marseille, trois milieux sociaux très différents, mais dont les chemins finissent par se croiser. Chloé, élevée par sa mère qui travaille ardemment pour pouvoir payer à sa fille les cours de danse dont elle rêve ; Leïla, d'une famille d'immigrés marocains, confrontée au racisme dont sa famille est parfois victime ; Agnès, fille de riches, élevée par sa nounou tant ses parents sont absents, préoccupés par d'autres soucis.

Futuropolis, 2008

Encore une BD! Décidément c'est la révolution dans mes pratiques de lecture!
Ce portrait croisé de trois enfants et de leur famille respective aux statuts sociaux et culturels très divers est très sympa et attachant. J'ai très envie de connaître la suite, la seconde partie donc, car j'étais prise par les évènements de la vie de ces fillettes.
Le graphisme coloré et très en mouvement d'Emmanuel Lepage m'a plu également.

09:05 Publié dans BD , Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : emmanuel lepage, sophie michel, france

10.02.2008

Catherine de Saint Phalle - Après la nuit

b086329753576adc881ae4a5f101c1b1.jpgUn jour à l'aube, Renée décide de quitter définitivement André en emmenant Henri son fils, alors que Louis, l'aîné, est en séjour linguistique en Floride. Il s'agit d'un coup de tête après des années de vie commune que Renée a vécues comme dans une prison. Car depuis quinze ans, Renée est amoureuse de son amant, Lane, un violoncelliste américain qui est aussi le père de Henri et de Louis.
Les premiers pas vers la liberté, vers l'amour et vers la vérité sont alors à affronter, semés par le doute de la vie future, mais jamais par le regret.

Actes Sud, 2000, 259 p.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce récit d'une femme qui ose enfin oser, cesser de se mentir et aller vers sa vie. Catherine de Saint Phalle, qui m'était totalement inconnue (et à vous?), écrit superbement, elle saisit les personnages dans leur essence pour nous en transmettre un portrait très juste et hésitant, et nous les faire aimer.
Voici une maigre biographie de l'écrivain sur le site de France Culture.

18:36 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : catherine de saint-phalle, france

22.01.2008

Régis de Sá Moreira - Le libraire

92e553b140334ae829f2be15e5e0454c.jpgUn libraire, dans sa librairie, tout entier dévoué à ses livres et un peu à ses clients. Le libraire n'a pas de nom, et sa librairie non plus. La librairie est ouverte jour et nuit sans interruption. Le libraire loufoque et solitaire est accroché à ses manies, comme celle de se faire une tisane après la venue de chaque client, de résoudre des conflits grâce à des phrases de manuels de langues ("Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs") ou de communiquer avec ses frères et soeurs par l'envoi de pages arrachées à des livres.

Le Livre de Poche, 2006, 189 p.

Poudoupoudoupoudou!
Drôle de livre! Je ne sais pas trop que penser. Ce court récit se lit très facilement et il est difficile de s'arrêter. L'écriture est drôle, très originale et même poétique. Mais cette petite vie de libraire solitaire fait un peu cliché et je ne comprends pas ce qu'a voulu dire l'auteur à travers ce roman. L'amour des livres? Cet aspect m'a certes parlé! Mais pour le reste, je ne vois pas.
Ce texte ne me restera donc pas inoubliable mais fut de lecture agréable!

Les critiques de Google, Jules, Lilly.

15:00 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Régis de Sá Moreira, france

14.10.2007

Philippe Claudel - Les âmes grises

51ce7db8eb2648397ae4e5480dd8672a.jpgUn homme raconte. La vie d'un village français durant la Première Guerre mondiale. Les petits drames de chacun, la culpabilité qui jaillit à chaque instant à la figure de ceux qui ne sont pas au front. Les deuils, les haines, et les tentatives d'oubli. Il me semble inutile d'en dire plus concernant l'intrigue, car il vaut la peine de la découvrir par la plume de Philippe Claudel.

"Les salauds, les saints, j'en ai jamais vu. Rien n'est tout noir, ni tout blanc, c'est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c'est pareil... T'es une âme grise, joliment grise, comme nous tous..." (p. 134)

Stock/Le livre de poche, 2006, 279 p.

Je suis subjuguée par la beauté de ce roman. L'écriture de Claudel est un pur délice, chaque phrase est un poème en soi. Et l'atmosphère que créé l'auteur, remplie d'une infinie mélancolie, est extrêmement touchante et prenante. Voilà un moment que je ne m'étais pas à ce point délectée à la lecture d'un roman, et il me tarde de découvrir les autres romans de Philippe Claudel.

Les avis ravis de Papillon, Sylvie et Clochette

21:49 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : philippe claudel, france

18.09.2007

Jean-Pierre Gattégno - Le grand faiseur

d970bf632b7c5dac147d60186b61a5f9.gifPhilippe-Christophe Marlaud est un détective privé plutôt médiocre. Il attend désespérément son prochain client lorsqu'un homme sonne à sa porte. Il s'agit de Stanislas Josufus, fils de Nathan Josufus, l'une des plus grosses fortunes de la planète. Nathan est sur le point de mourir, et Stanislas veut récupérer une reconnaissance de dette signée par son père à la faveur d'un certain Bélial. Si la reconnaissance n'est pas retrouvée avant le décès de Nathan, son fils se verra privé de son héritage. Marlaud accepte la mission, qui ne tardera pas à s'avérer bien plus complexe et dangereuse qu'il n'y paraît.

Actes Sud, 2002, 221 p.

Il s'agit de mon premier Jean-Pierre Gattégno, et je suis surprise de tomber sur un polar!
L'écriture m'a beaucoup plu, Gattégno dresse avec Marlaud un portrait de détective très en relief, bien qu'un peu stéréotypé. Le scénario, très accrocheur, m'a tenue scotchée au roman. D'ailleurs, je n'emploie pas ce terme au hasard, car le récit m'a beaucoup fait penser à un texte écrit pour le cinéma. Ma déception provient de la fin du roman, qui me semble tirée par les cheveux et tient presque de la fable. Mais je soupçonne un deuxième degré, une ironie qui pourrait expliquer ce sentiment.
Enfin, je suis contente d'avoir découvert cet auteur et j'ai l'intention de lire d'autres titres de son oeuvre, car l'écriture me plaît vraiment.

11:59 Publié dans Littérature francophone , Polars | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jean-paul gattégno, france

17.09.2007

Jacques Neirynck - La mort de Pierre Curie

ad5a8f6848c2a34a93d9d33556648921.gifEn ce début de XXème siècle, Raoul de Mézières est conseiller à l'Elysée. Le président Fallières lui confie la mission de faire la lumière sur les circonstances exactes de la mort de Pierre Curie, le renommé scientifique. Très rapidement, Raoul, flanqué de son fidèle et sarcastique serviteur Arsène Champigny, découvre de nombreux points obscurs. L'enquête doit être menée dans la plus grande discrétion, ce qui ne fait qu'ajouter à sa difficulté. Raoul est également chargé d'enquêter sur Marie Curie, la veuve de Pierre, afin d'écarter tout soupçon sur une possible entreprise d'espionnage de sa part, et d'établir la vérité sur ses prétendues origines juives. Car en cette époque de montée des nationalismes, il vaut mieux calmer les esprits et ménager les susceptibilités. Lourde tâche, donc, qui s'annonce pour Raoul de Mézières.

10/18, 2007, 236 p.

Nouvelle agréable découverte dans la fameuse série des Grands détectives!
Les dessous tortueux de la politique du début du XXème siècle sont habilement décrits par Jacques Neirynck. Entre républicains convaincus par le nouveau régime et royalistes nostalgiques, on peut déjà entrevoir les tensions nationalistes précédant la Première Guerre Mondiale. Les logiques floues régnant sur le monde scientifique et l'arrivée des femmes à l'université sont d'autres thématiques bien intégrées dans ce roman. Quant à l'intrigue, elle se laisse suivre aisément, sans pour autant être d'une originalité exceptionnelle. Un très bon moment!

16:43 Publié dans Littérature francophone , Polars | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jacques neirynck, suisse

24.08.2007

Metin Arditi - La pension Marguerite

244a58a7ebbc29576ad239336c3a2060.jpgAldo Neri, violonniste virtuose, s'apprête à donner un grand concert à Paris. Mais le jour même lui sont livrés les notes prises par sa maman durant sa psychanalyse, et qui depuis s'est suicidée. Elle y raconte sa jeunesse, puis sa vie de mère et de gouvernante de la pension Marguerite, où elle a vécu les moments forts de sa vie. Aldo lit alors compulsivement les écrits de sa maman et en est bouleversé, découvrant au fil des heures sa vie et celle de sa mère entremêlées, vues du point de vue de celle-ci. Aldo doit donner un important concert dans quelques heures seulement, mais il ne peut résister à ce qui représente à présent l'urgence de cerner les motifs du suicide de sa mère.

Actes Sud / Babel, 154 p.

Quel peine j'ai à parler de ce livre! Extrêmement fort, forcément bouleversant, j'en suis encore toute retournée. Imaginez-vous découvrir une autobiographie de votre mère, quelle émotion! Metin Arditi écrit d'une très belle plume, sachant rendre avec une grande justesse les émotions les plus indicibles. Les mélomanes seront comblés, tant la musique est ici indissociable du vécu personnel. Ceux qui sont intéressés par la psychanalyse le seront également. Je vous invite réellement, pour ceux qui ne le connaissent pas, à découvrir les romans de Metin Arditi, car ils ne vous laisseront pas indifférents. Je l'avais découvert avec L'Imprévisible et je ne compte pas m'arrêter là!

Voici une très belle critique de Florinette!

22:55 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : metin arditi, suisse

22.08.2007

Jean-Paul Dubois - Vous plaisantez, Monsieur Tanner

583beaa04f60a85c9c113ccdc5db3350.jpg"Vous plaisantez, Monsieur Tanner?" Voilà ce que répondent les ouvriers à Paul Tanner lorsqu'ils apprennent qu'il décide de participer au chantier de la rénovation de sa maison fraichement héritée. Mais Paul Tanner veut suivre les travaux de près. Et quelle aventure que cette rénovation! Les artisans des différents corps de métiers intervenant sur le chantier lui en font voir de toutes les couleurs, et M. Tanner se demande quelle folie l'a poussé à accepter cet héritage.

Points, 2007, 199 p.

Ce roman est un délice de drôlerie et d'autodérision! J'ai vraiment passé un très bon moment et beaucoup ri à cette lecture rafraîchissante! Les déboires de Monsieur Tanner, bien qu'un peu caricaturaux, ne seront certainement pas sans rappeler quelques souvenirs épiques à ceux d'entre vous qui ont eu une maison à rénover. Même si elle ne restera pas dans les annales, je vous conseille donc cette petite parenthèse de fraîcheur agréable et sans prétention, dans une toute autre veine que Une vie française.

L'avis d'Estampilles.

19:24 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : jean-paul dubois, france

Jean-Dominique Bauby - Le scaphandre et le papillon

0dee5c726d2773b85451806eab28f674.jpgJean-Dominique Bauby, rédacteur en chef du magazine Elle, est victime d’un accident vasculaire cérébral le 8 décembre 1995. Comme une partie importante de son cerveau est atteinte, il se retrouve paralysé des pieds à la tête. Par contre, ses facultés intellectuelles sont absolument intactes, il a l’esprit parfaitement clair et comprend tout ce qu’on lui dit. On appelle ça le « locked-in syndrome ». Son seul moyen de communiquer est un battement de la paupière gauche. Un battement signifie oui, deux battements, non. Il apprend l’alphabet dans l'ordre de la fréquence d’utilisation des lettres dans la langue française, puis ses proches l’apprennent également. Son interlocuteur énumère les lettres, et Jean-Dominique bat de la paupière lorsqu’il arrive à la bonne lettre. Ainsi, lettre après lettre, Jean-Dominique Bauby utilise cette méthode pour écrire le livre de ses pensées, toujours cloué sur son lit d’hôpital. Et il y parvient!

Robert Laffont, 1997, 139 p.

Que ressent-on lorsqu’on est enfermé dans son corps tel dans un scaphandre, alors que notre pensée est parfaitement claire ? Ce petit livre nous donne quelques éléments de réponse sur cette situation inimaginable. Où vont vagabonder ses pensées, entre souvenirs de la vie avant et « trucs » pour rendre sa situation plus supportable, Jean-Dominique Bauby livre un récit très émouvant, qui sera publié quelques jours seulement avant son décès en 1997. Une belle leçon et un rappel : notre vie ne tient à rien, profitons!

19:09 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jean-dominique bauby, scaphandre et le papillon, france

15.08.2007

Albert Cohen - Le livre de ma mère

e0671e71a106f6f0a45c538446cfc28a.jpgAlbert Cohen nous offre ici une longue ode à sa mère, sa mère morte. Il chante les louanges de cette maman qui s'est tout entière vouée à son fils, sa vie durant : "Elle perdait tout jugement lorsqu'il s'agissait de son fils" (p. 90).
Ce très beau récit évoque l'abnégation de la mère humble qui a tout permis et tout pardonné à son fils, et aussi tout sacrifié. Point de plaisirs inutiles pour cette mère dont seul le bien de son fils importait.
Mais l'écrivain évoque aussi ses remords d'avoir profité de l'amour absolu de sa mère, et d'avoir joui d'autres joies plus futiles : "Elle m'a attendu trois heures dans ce square. Ces trois heures, j'aurais pu les passer avec elle. Tandis qu'elle m'attendait, auréolée de patience, je préférais, imbécile et charmé, m'occuper d'une de ces poétiques demoiselles ambrées, abandonnant ainsi le grain pour l'ivraie" (p.88).
Il décrit également les regrets de n'avoir pas réalisé en son temps la valeur de cet amour, ni le caractère mortel de sa maman.
Et il est trop tard à présent : "Amour de ma mère, jamais plus."

Folio/Gallimard, 2006, 174 p.

D'une écriture magnifique, Albert Cohen décrit subtilement la force de l'amour maternel. Ce texte universel et intemporel m'a beaucoup émue, certains passages faisant écho en moi, et je suis certaine que tout enfant sera par instants touché par les paroles de l'auteur. Si vous avez, comme moi, la chance d'avoir encore votre mère bien vivante, je ne peux que vous conseiller de lire ce roman qui fait réfléchir et se rendre compte de son importance. Pour les autres, je ne sais que dire, mais je peux imaginer que le Livre de ma mère fera d'autant plus écho en vous...
Ce roman faisait partie des merveilles que Yue Yin m'a envoyées dans le colis de swap... Merci Yue Yin!

Les avis de Tamara, Hervé et Jules

18:43 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : albert cohen, livre de ma mère, suisse

13.06.2007

Muriel Barbery - L'élégance du hérisson

medium_barbery.jpgRenée Michel est la concierge du 7, rue de Grenelle à Paris. Cet immeuble bourgeois n'abrite que des familles de la haute société : industriels, députés et autre critique réputé. Renée joue à merveille son rôle de concierge que personne ne remarque : vieille, repoussante et acariâtre et, à priori, sans autres intérêts que ses fleurs, son chat et sa télévision. Mais derrière ce stéréotype se cache une intellectuelle autodidacte qui dévore tout ce qui a trait à la culture, en cachette.
Paloma, la fille de 12 ans de l'une des prestigieuses familles résidentes, est la seule à exercer un oeil plus que critique à l'encontre de son milieu. Elle détecte la moindre faille des agissements et paroles des siens et les tourne délicieusement en ridicule dans son journal.
Jusqu'au jour où emménage M. Ozu, un Japonais malicieux qui repère bien vite le décalage de Renée et de Paloma.

Gallimard, 2006, 359 p.

Quel délice, quelle merveille! J'ai réellement goûté à ce roman comme on déguste un délicieux mets. Les amoureux de la langue française seront comblés. Quelle écriture élégante et subtile! La verve de la concierge et de la petite fille, portant un regard des plus lucides sur les riches et leurs travers, m'ont à plusieurs reprises fait éclater de rire. Mais du rire, je suis passée à des émotions plus sérieuses lorsque Renée se dévoile, très touchante. Ces personnages sont donc extrêmement attachants. Et derrière la dérision et la légèreté qui caractérisent ce livre, se cache une profondeur qui se dévoile peu à peu, posant d'intéressantes questions sur les stéréotypes et les classes sociales, notamment.
Bref, ce roman de Muriel Barbery est un vrai régal, comme l'ont déjà dit et répété bien d'autres bloggeurs(-euses) comme Lilly ou Bernard.
Merci à Yue Yin de m'avoir offert ce très beau moment de lecture ;-)

20:25 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : muriel barbery, élégance du hérisson, france

10.06.2007

Anny Dupérey - Une soirée

medium_duperey.jpgEtudiants en médecine, Florence, Romain et Denis formaient un étrange triangle amoureux. Florence, amoureuse des deux hommes, entretenait une relation intime avec chacun d'eux, par ailleurs meilleurs amis. Tous trois se satisfaisaient de cette situation. A la fin de leurs études, Romain est parti monter un labo de recherche en Asie. C'est donc tout naturellement que Florence et Denis se sont mariés. Dix-huit ans plus tard, lors d'une fête, Romain réapparaît. C'est un grand choc qui replonge Florence dans sa jeunesse et qui remet alors en question sa vie actuelle. A-t-elle réellement fait le choix d'épouser Denis, où auraient-ils plutôt été guidés par les circonstances? A-t-elle vraiment vécu comme elle le voulait et réalisé ses rêves? Cette remise en question la pousse à quitter Denis.

Anny Dupérey, Une soirée. Points, 2006, 267 p.

Ce petit roman d'Anny Dupérey ne m'a pas emballée. Trop de caricatures, de situations convenues. Les scénario me semble également un peu tiré par les cheveux : peut-on vraiment aimer deux hommes à la fois? Je l'ai tout de même terminé car il est agréable à lire cependant, et les questionnements existentiels qui taraudent Florence, Denis et Romain ne manquent pas d'intérêt. Mais il ne restera pas dans mes annales personnelles de lecture.

Voir les avis de Carole et Frisette (au fond de la page).

19:38 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anny dupérey, une soirée, france

24.04.2007

Philippe Besson - Les jours fragiles

medium_besson.jpgPhilippe Besson imagine le journal intime d'Isabelle Rimbaud, la soeur d'Arthur Rimbaud. Le poète, venant d'être amputé d'une jambe, retrouve ses Ardennes natales à contrecoeur. Lui qui a sillonné l'Afrique avec bonheur supporte mal son retour aux terres de son enfance. Isabelle épaule son frère durant sa difficile agonie et les deux frère et soeur réussissent à recréer une affection éphémère depuis longtemps disparue.

Philippe Besson, Les jours fragiles. Julliard, 2004, 188 p.

Je suis mitigée face à ce récit troublant. Déstabilisée car je ne m'attendais pas du tout à cela, peut-être. Trop fragile, trop lent, je me suis malgré tout laissée envoûter par ces mots simples et émouvants. L'idée de composer sur la relation de Rimbaud avec sa soeur est audacieuse et originale et, à mon avis, réussie. Ce roman plaira certainement aux adeptes de Rimbaud, montrant une autre facette - romancée - du poète.

Par contre, Flo et Lo ou encore Lilly, pour ne citer qu'elles, ont autrement apprécié!

Ceci était ma 100e note! J'aurais pu franchement faire mieux pour l'occasion, mais tant pis ;-)

22:27 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philippe besson, jours fragiles, arthur rimbaud

20.02.2007

Jean-Paul Dubois - Une vie française

medium_dubois.jpgUne vie, des années cinquante aux années 2000. Ce récit donne la parole à Paul Blick, un homme ordinaire qui raconte sa vie toulousaine. Depuis son enfance dans les années cinquante, qui voient la France gouvernée par De Gaulle, et marquée par la mort de son frère, Paul transite par l'effervescence de mai '68, ses études universitaires suivies de son mariage et la paternité. Nous sommes alors sous Giscard-d'Estaing qui fait suite à Georges Pompidou. Après quelques années en tant que père au foyer, Paul rencontre le succès grâce à la publication de deux livres de ses photographies, sa grande passion. Puis, les années Mitterand s'enchaînent et enfin le règne de Jacques Chirac. Cette longue période voit Paul s'enfermer toujours plus dans la solitude alors même que Anna, son épouse, reste plongée dans la gestion de son entreprise submergée de problèmes économiques. Puis, d'autres drames font entrer Paul dans une nouvelle phase de vie, où la solitude se fait encore plus présente.

Jean-Paul Dubois, une vie française. Points/Métailié, 2004, 400 p.

Je suis très friande de ce type de récits balayant toute une époque. Mais les années soixante et septante m'intéressent particulièrement, car elles véhiculent tellement de symboles dans mon esprit, et ce sont également les années de jeunesse de mes parents qui semblent les avoir beaucoup marquées. Ce roman ne m'a donc pas déçue, il m'a en fait beaucoup émue. Fait rire aussi par moments.
Paul Blick, qui se regarde vivre plutôt qu'il ne vit, entre culpabilité et regret, est un type attachant malgré ses côtés égoïste et indifférent. Tout ce récit rythmé par la vie politique française représente également la vie d'une époque, de plusieurs époques en fait, et d'une nation en pleines mutations. L'écriture est magnifique, un vrai bonheur qui contribue aussi à mon appréciation positive.
Ce que je me demande : quelle part d'autobiographie là-dedans de la part de Jean-Paul Dubois?
Je me réjouis de découvrir d'autres de ses oeuvres... lesquelles me conseillez-vous?

Ce roman a reçu le Prix Fémina et le Prix du roman Fnac 2004.

21:20 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-paul dubois, vie française

11.02.2007

Claudie Gallay - L'or du temps

medium_gallay.jpgUne famille parisienne vient passer l'été dans sa maison en Normandie. Très vite, le père rencontre Alice, une vieille femme qui habite dans une maison de la région. Se nouent alors entre eux deux une relation spéciale, et jour après jour l'homme ne peut pas s'empêcher d'aller voir Alice malgré son côté imprévisible. Leur relation leur semble indispensable, ils ne peuvent se passer de leurs rencontres, alors que le couple bat inéluctablement de l'aile. C'est qu'Alice a un héritage à transmettre à ce compagnon. Elle lui livre par bribes son enfance aux côtés de son père, photographe et ami des Surréalistes comme André Breton et Max Ernst. Ils découvriront ensemble la vie des indiens Hopi d'Arizona, expérience qui va marquer Alice durant toute sa vie et qu'elle peut partager avec cet homme qui semble passionné.

Claudie Gallay, Dans l'or du temps. Ed. du Rouergue, 2006, 316 p.

Difficile d'exprimer mes sentiments sur cette lecture...
Ce roman intimiste m'a paru très étrange. J'ai eu quelque peine à cerner la relation, que l'on sent intense, qui lie ces deux êtres. Qu'est-ce qui attire tant cet homme chez cette vieille dame difficile? Le fait qu'elle lui fasse remettre en question sa vie par la perspective d'autres mondes possibles? Le récit est entrecoupé de passages ethnographiques intéressants, sur la vie et les croyances des indiens Hopi, et sur la découverte de ce peuple par Alice et son père. L'atmosphère qui se dégage est très mélancolique, très amère, sur fond de paysages normands.
Je ne peux pas dire que j'ai adoré, mais il vaut vraiment la peine de découvrir ce roman qui pose plein de questions.

Lily l'a trouvé magnifique, Lo et Clarabel l'ont bien aimé aussi, en tous les cas il ne laisse pas indifférent!

Mise à jour du 22.02.2007 : intéressante émission littéraire de la Télévision Suisse Romande, Sang d'Encre a consacré une émission à Claudie Gallay. A visionner ici : http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000#program=...

15:35 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : claudie gallay, france

10.02.2007

Tonino Benacquista - Malavita

medium_benacquista.2.jpgUne famille américaine s'installe dans une petit ville de Normandie. Fred, le père, se dit écrivain. Maggie, la mère, offre sont temps aux oeuvres caritatives de la région, alors que Belle et Warren, les enfants, s'intègrent très bien dans leur école. Mais les Blake cachent un lourd secret : Fred est en réalité un "repenti" de la mafia new yorkaise et toute la famille vit maintenant cachée dans le cadre d'un programme de protection des témoins, sous l'oeil vigilant de 3 flics du FBI.

Tonino Benacquista, Malavita. Folio/Gallimard, 2004, 373 p.

J'ai passé un agréable moment à la lecture de ce roman qui ne manque ni d'humour ni de suspense. Dans un premier temps je trouvais que le père dans un rôle de caïd de la mafia ne collait pas du tout, au vu du caractère du personnage. Puis celui-ci s'est affiné et la sauce a pris. En tout cas, comme toujours, on peut souligner l'originalité des scénarios de Benacquista, d'où une lecture facile et divertissante. Et l'écriture est très bonne aussi, j'ai aimé en particulier les passages de description des dessous de la Cosa Nostra, sujet qui me fascine.
Mais il est vrai que je l'ai moins apprécié que "Quelqu'un d'autre" ou que ses nouvelles de "Tout à l'ego".

On dirait que ce roman a déçu nombre des fans de Benacquista, puisque Lo et Allie ont moyennement apprécié alors que Louis n'a carrément pas aimé!

20:49 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tonino benacquista, france

21.01.2007

Gilles Veber - Gauthier

"J'ai compris... Il y a des gens qui ne peuvent pas avaler de légumes, ou sont allergiques aux fruits de mer... Moi c'est le bonheur que je ne digère pas. Je fais une réaction. Je suis condamné à bouffer du malheur jusqu'à ma mort."

Brice est dépressif et mène une vie tristounette cloîtré dans son appartement, car un oeil borgne l'empêche de travailler. medium_veber.jpgManifestement pas gâté par la vie, il est doté d'un physique repoussant et se complaît dans sa mélancolie. Gauthier, lui, est l'antithèse de Brice : beau comme un dieu, il a un succès fou avec les femmes, il sourit à la vie qui le lui rend bien, et il est doté d'un inébranlable optimisme. Ces deux opposés sont voisins de palier, et entretiennent une belle relation d'amitié, Gauthier tente par tous les moyens de changer l'état d'esprit de Brice, mais sans succès. Un jour, Gauthier part faire le tour du monde et laisse Brice désolé. Le diable propose alors un pacte à Brice : en échange de son âme, il sera heureux comme Gauthier. C'est alors que Gauthier commence à déprimer, à l'autre bout du monde.

Gilles Veber, Gauthier. Flammarion, 2004, 199 p.

Quel roman étrange! Le style est vraiment génial, très original et parcouru d'un humour décapant! On devine le scénariste derrière l'auteur...
Mais après un début super enthousiasmant, je me suis quelque peu ennuyée. Peut-être me suis-je lassée du style, et l'histoire, bien que le personnage de Brice soit attachant, ne m'a pas passionnée, un peu trop caricaturale à mon goût.
Mais je pense que Gilles Veber est un auteur à découvrir et très prometteur.

--> Voir le site officiel du roman : http://home.nordnet.fr/~gilles.veber/index.html

15:20 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, littérature, gilles veber

13.01.2007

Metin Arditi - L'imprévisible

medium_arditi.jpgL'histoire se passe à Genève. Guido est un historien de l'art de renom, ancien professeur à la retraite. Il est mandaté par Anne-Catherine, une riche héritière genevoise, pour expertiser un tableau qu'elle aimerait vendre. Guido se rend rapidement compte qu'il ne s'agit pas d'une oeuvre quelconque, mais qu'il pourrait s'agir d'une peinture inconnue d'un grand peintre de la Renaissance. Il entreprend alors des recherches et des analyses afin de percer son mystère. Parallèlement à cela, il se rapproche d'Anne-Catherine avec qui il entreprend une liaison fragile.

Metin Arditi, L'imprévisible. Actes Sud, 2006, 206 p.

J'ai beaucoup aimé ce roman. Déjà, le contexte dans le milieu de l'histoire de l'art m'a passionnée. J'ai appris plein de choses sur les peintres de la renaissance italienne et sur les méthodes de recherche de ce domaine. Puis, Guido, le narrateur, est très touchant. Malgré une dose irritante d'orgueil héritée de son passé de professeur adulé des étudiantes et de tombeur, il se met à nu dans toute sa fragilité d'homme vieillissant. Il parle de sa peur de décevoir Anne-Catherine, de sa culpabilité dans le cadre d'épisodes survenus dans son enfance, de sa maladresse dans sa relation avec son fils. Anne-Catherine n'a guère plus confiance en elle, et elle ne demande qu'à être aimée sans chercher plus loin. La rencontre de deux êtres qui ont du mal à croire au bonheur...
Je ne connaissais pas du tout Metin Arditi mais ce roman me pousse à aller voir plus loin dans son oeuvre.

11:31 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : suisse

28.12.2006

Justine Lévy - Rien de grave

medium_levy.jpgUne jeune femme, Louise, se fait quitter par son mari Adrien pour une autre, et elle fait une grosse dépression. Mais Louise raconte d'abord ses problèmes à gérer sa relation avec sa mère, atteinte d'un cancer et avec son père. Ses problèmes de drogue, lorsque durant 2 ans elle prend des amphétamines et se retrouve à deux doigts de la mort. La séparation proprement dite, la dépression, puis la lente reconstruction auprès d'un autre homme.

Justine Lévy, Rien de grave. Stock/Le Livre de Poche, 2004, 220 p.

Je n'ai pas été émue pas les problèmes de cette femme, pourtant des problèmes communs auxquels chacun(e) peut, je suppose, s'identifier. Mais je ne peux pas expliquer pourquoi, peut-être que je ne me sens pas proche du milieu social dans lequel évoluent les personnages. Un livre qui ne va donc pas me rester mais que je ne regrette pas pour autant d'avoir lu! Car même si l'histoire n'a pas réussi à m'émouvoir, j'ai aimé l'écriture très spontanée, au style parlé, très facile à lire et parsemé de pointes d'humour grinçant...

Le débat
Pourtant, en le lisant, je ne savais pas qu'il s'agissait d'une histoire vraie : Justine Lévy est en fait la fille de BHL, son mari l'a réellement quittée pour... Carla Bruni! Ca ressemble donc de plus en plus à un règlement de comptes, mais après tout, comme je ne le savais pas en le lisant (désolée les prochains!) je ne l'ai pas lu dans cet état d'esprit.
Ce livre avait apparemment fait débat à sa sortie, comme en témoigne par exemple cette note de Tatiana qui avait en son temps lancé une discussion intéressante...
Cela m'impressionne, à quel point les critiques sont durs dès que quelqu'un se lance dans l'autofiction, car finalement si ça lui a fait du bien, pourquoi pas?

10:00 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france

30.11.2006

Amélie Nothomb - Biographie de la faim

medium_nothomb.jpgAmélie Nothomb nous offre ici des pans entiers de sa jeunesse, entre le Japon, la Chine, New York, le Bengladesh, le Laos et la Belgique. Ce récit est fabriqué sous l'angle de cette thématique - la faim - qui va de l'amour du sucré à la passion de l'eau, s'étend à la faim des autres, faim d'avoir faim - sa période d'anorexie - pour enfin s'achever par la faim d'ECRIRE qui n'a plus quitté Nothomb.

Amélie Nothomb, Biographie de la faim. Le Livre de Poche, 2004, 188 p.

Ayant été lassée des romans d'Amélie Nothomb, je n'avais lu aucune de ses dernières publications. J'entamai donc cette lecture sans grande conviction, mais je dois dire que j'ai apprécié. Le côté autobiographique y est pour beaucoup, car je suis toujours très reconnaissante aux écrivains qui offrent une part de leur vie. Le ton est très drôle, cela se lit facilement, bien sûr, et cette petite Amélie complètement loufoque m'a plu! En même temps, certains passages m'ont émue... Un bon moment qui m'a "réconciliée" avec l'auteure!

18:39 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : autobiographie, nothomb

29.11.2006

Sébastien Japrisot - La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil

medium_japrisot.jpgDany Longo est employée dans une agence de pub. Un soir, son patron lui demande de terminer un travail urgent pour le lendemain, et pour plus d'efficacité il lui propose de dormir chez lui et sa femme. Le lendemain, il lui demande de les conduire à l'aéroport avec leur auto, qu'elle n'a qu'à ramener ensuite chez eux. Mais Dany décide, sur un coup de tête, de profiter de l'auto pour aller à la mer! Très vite, des évènements troublants se déroulent que Dany ne comprend pas : elle se fait assomer et écraser une main dans les WC d'une station-service, puis le pompiste lui affirme qu'elle est déjà venue le matin même faire réparer son phare, alors qu'il n'en est rien... L'angoisse commence.


Sébastien Japrisot, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil. Denoël, Folio Policier, 2005, 311 p.


J'ai ressenti une vraie angoisse en lisant ce livre! Complètement prise dans cette ambiance de Provence version cauchemar, j'essayais désespérément de trouver la faille qui expliquerait tout, mais je n'y arrivai pas. Inutile donc de préciser que j'ai dévoré ce roman pour résoudre le mystère, mais il m'a beaucoup marquée. Sinon, côté forme, c'est fantastique aussi. Il s'agit là d'un vrai polar littéraire comme on en fait peu!
D'ailleurs, Sébastien Japrisot précise dans l'introduction : "Les trois livres ont profité du même malentendu : les critiques de romans policiers ont trouvé qu'ils étaient plus littéraires que les autres ; les critiques de romans-romans ont trouvé qu'ils étaient plus passionnants."

13:25 Publié dans Littérature francophone , Polars | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : polar, japrisot, france

24.11.2006

Sylvie Testud - Gamines

medium_testud.jpgSybille est la cadette de trois soeurs. Elle est aussi la plus effrontée. Sa grande soeur Corinne est beaucoup plus posée, réfléchie, alors que la benjamine, Georgette, est maladroite et gourmande. Les trois soeurs sont élevées par leur maman, leur papa les ayant abandonnées. La voix de Sybille raconte la vie quotidienne, les bêtises, les conflits mais aussi la solidarité entre elle et ses soeurs. Et l'ombre du "Il" qui plane au-dessus de tout cela. Le père jamais vu.

Sylvie Testud, Gamines. Fayard, 2006, 301 p.

Je me demandais, bien entendu, ce que Sylvie Testud avait à nous raconter. J'étais un peu anxieuse après avoir vu les critiques plus-que-mitigées de Cuné sur les précédents romans de la comédienne. En même temps, j'adore le personnage, donc j'avais de l'espoir. Finalement, j'ai trouvé ce livre rafraîchaissant! C'est le sentiment que me procure sa lecture. Très bien écrit, très drôle, j'ai beaucoup ri, ce qui me suffit à apprécier. Sybille, la narratrice, est géniale, super attachante. Il est clair que le scénar' ne va pas révolutionner l'histoire du roman, mais j'ai passé un tout bon moment!

07:59 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, testud, gamines

20.11.2006

Fred Vargas - Sous les vents de Neptune

medium_vargas2.jpgL'inspecteur Adamsberg est intrigué par un encart dans le journal, qui relate le meurtre d'une jeune femme en Alsace. Cela ne le concerne en rien, mais les détails du meurtre lui rappellent des souvenirs qui remontent à son enfance... Il décide alors, contre l'avis de ses collègues, de remonter le fil de ce crime qui ne veut pas laisser son esprit en paix. Seulement, il doit partir avec ses collègues en formation au Québec.

Fred Vargas, Sous les vents de Neptune. Viviane Hamy, 2004, 441 p.

Quel plaisir de retrouver le commissaire Adamsberg, ses rêveries, le fil hésitant de ses pensées qu'il est le seul à suivre. Ce personnage attachant nous emmène au coeur d'une intrigue bien ficelée, bien qu'un peu tirée par les cheveux. La parenthèse québécoise est un pur bonheur!

18:44 Publié dans Littérature francophone , Polars | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fred vargas, polar, suspense

08.10.2006

Anne Weber - Cendres & métaux

medium_weber.jpgAnne Weber s'est installée, le temps de l'écriture de ce roman, dans une entreprise suisse de matériel dentaire basée dans la petite ville de Bienne. Ce qui en résulte est non pas une histoire clairement construite, mais une suite de pensées et d'observations sur le monde du travail, l'économie, la lutte des classes, la nature ou l'activité d'écrivaine.

Anne weber, Cendres & métaux. Seuil, 2006, 120 p.

Ce petit livre se lit rapidement et nous emmène dans les dédales des pensées biscornues d'une auteure postée en observatrice dans un monde finalement banal, celui d'une entreprise de taille moyenne. L'écriture est bien maîtrisée et l'originalité de ce roman fait qu'on s'accroche. Voici un extrait tiré de la page 21 :

"Je peux me transporter maintenant dans le Sud de la France et y regarder un homme qui, assis à une terrasse de café et buvant du pastis, laisse pendouiller son âme, comme disent les Allemands, bien que l'âme soit a priori, d'après ce qu'on en sait, peu encline à pendouiller. A vrai dire, il est aussi difficile de se la représenter en train de pendouiller que ne pendouillant point."

14:31 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anne weber, travail, suisse

01.10.2006

Jean-Marie Rouart - Le scandale

medium_rouart.jpgCette histoire dramatique a pour cadre une petite ville du Sud des Etats-Unis et commence en 1935. Norfolk, petite cité tranquille, comporte une communauté partagée entre les Blancs - bien-pensants et puritains - et les Noirs - pauvres et victimes de ségrégation.
Une jeune femme noire est violée et tuée, mais les personnes en charge de l'enquête se chargent de faire croire à un suicide. Dans la foulée, Jim, un jeune homme de bonne famille, entreprend une relation avec Angela, une jeune femme noire. La communauté ne pouvant accepter pareille offense, Angela est enfermée dans un bordel et Jim est envoyé à Boston pour faire ses études. Mais Jim ne peut se passer de son amante et, même marié, continue à la fréquenter en secret. Cependant la vérité est vite découverte et là, les haines se déchaînent...

Jean-Marie Rouart, Le scandale. Gallimard, 2006, 163 p.

Ce roman décortique de façon magistrale l'horrible réalité qui prévalait à cette époque au Sud des Etats-Unis. Le récit est remarquablement construit, et montre très bien l'hypocrisie de cette société où la justice n'existe pas, sous couvert de privilégier l'ordre social, et où le racisme est à son comble. Le style est propre et joli, comme l'image que veut projeter cette communauté.

20:36 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-marie rouart, france, scandale, ségrégation

22.09.2006

Nancy Huston - Lignes de faille

medium_huston.jpg
Le nouveau roman de la Canadienne Nancy Huston est composée de quatre récits d'enfants de génération en génération, débutant en 2004 avec Sol, un petit américain de 6 ans, pour remonter jusqu'à son arrière-grand-mère Kristina, 6 ans en 1944. Sol, enfant surprotégé par sa mère, baignant dans la génération Internet, donne ensuite la parole à son père Randall, 6 ans en 1982, qui grandit à New York puis à Haïfa. Ensuite, la mère de Randall, Sadie, raconte ses émotions d'enfant élevée par des grands-parents très stricts. Enfin, on termine cette polyphonie familiale par le récit de Kristina, la mère de Sadie, qui grandit durant la guerre en Allemagne.

Nancy Huston, Lignes de faille. Actes Sud, 2006, 487 p.

Chaque fois que l'un de mes auteurs favoris sort un nouveau roman, je ressens une vague angoisse à l'idée d'être éventuellement déçue! Et bien avec Nancy Huston, je n'ai pas cette peur! Son nouveau roman est tout simplement GENIAL. Il nous fait remonter le fil d'un lourd secret familial, et les récits successifs décortiquent la transmission d'un héritage familial lourd à porter. Chaque nouveau témoignage apporte un éclairage sur les précédents, avec pour fil rouge les multiples interrogations de l'enfance, lorsque les choses ne sont pas claires.
L'écriture est d'une maîtrise impressionnante aussi, et les mondes intérieurs exprimés par chacune de ces voix enfantines à travers le siècle montrent bien que les préoccupations se rejoignent, malgré les changements majeurs dans l'environnement de chaque génération.

13:45 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nancy huston, lignes de faille, généalogie, canada

21.06.2006

Philippe Grimbert - Un secret

Absolument bouleversant, ce petit livre se lit d'une traite. Mieux vaut ne pas chercher à résumer, à raconter. Il faut le lire, car il ne laisse pas indemne, sur des thèmes pourtant déjà maintes fois abordés en littérature. Le fait que l'auteur, le psychanalyste Philippe Grimbert, livre une part très intime de sa vie, n'a fait qu'aviver l'émotion qui s'est emparée de moi.
Philippe Grimbert, Un secret. Grasset, 2004, 184 p.
Un Secret a reçu plusieurs prix, dont le Goncourt des lycéens, le Prix des lectrices de Elle et celui des auditeurs de Radio France.

16:44 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philippe grimbert, un secret, france, littérature, secret de famille, holocauste

19.06.2006

Henry Bauchau - L'Enfant bleu

medium_bauchau.jpgCe livre m'a bouleversée. Il raconte 15 années de psychanalyse d'Orion, jeune homme psychotique. L'esprit d'Orion est habité par son démon à lui, qui lui envoie ses "rayons", provoquant régulièrement de violentes crises. Dans ces cas-là, Orion est contraint d'expimer son angoisse, bien souvent de façon violente. Mais Véronique, la psychanalyste qui le suit durant toutes ces années, sent rapidement qu'Orion pourrait laisser son démon s'exprimer d'une autre manière : l'art. Petit à petit, le duo fait évoluer Orion dans cette voie, le jeune garçon s'avérant très doué et appréciant cette nouvelle façon de s'exprimer.
Henry Bauchau, L'Enfant bleu. Actes Sud, 2004, 442 p.
Il est très émouvant de suivre les pas, souvent en avant, mais aussi parfois en arrière, de ce jeune handicapé. L'auteur réussit tellement bien à transcrire l'art d'Orion que j'ai le sentiment d'avoir admiré ses peintures, ses sculptures et ses gravures en vrai... Extrèmement bien rendue aussi est la relation très intense qui unit les deux protagonistes, sachant que la vie de Véronique est prise toute entière dans cette thérapie.
Ce roman, donc, après un temps d'adaptation, se révèle passionnant et bouleversant.

21:25 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : psychanalyse, henry bauchau, enfant bleu, handicap, psychose

28.02.2006

Philippe Grimbert - La petite robe de Paul

Ce petit roman est très particulier. Il narre les bouleversements que l'achat d'un simple objet - une petite robe d'enfant - peut provoquer.
Paul est marié depuis de nombreuses années à Irène. Ils ont une fille adulte. Un jour, Paul découvre une boutique dans la vitrine de laquelle est exposée une jolie petite robe. C'est le déclic : il doit l'acheter. Cependant, ne voulant pas devoir justifier ce geste étrange - qu'il ne peut lui-même pas expliquer - il la cache à Irène. Mais celle-ci ne tarde pas à découvrir le secret, et cette découverte rouvre des blessures anciennes qui n'avaient en fait jamais été cicatrisées... Et Paul ne manque de s'interroger sur les raisons qui l'ont poussé à procéder à cet achat pour le moins étrange, réflexions qui le feront immanquablement revenir à son passé.
Philippe Grimbert, La petite robe de Paul. Grasset, 2001, 155 p.

09:18 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Grimbert Philippe

20.01.2006

Joëlle Stagoll - Par-dessus le toit

Un père se retrouve amnésique et sa fille brouille les pistes pour l'empêcher de reconstituer son passé. Le père et sa fille se relaient pour dérouler le fil de l'histoire, doublés du récit de l'aide à domicile du père, qui introduit des bribes de sa vie présente et passée.
Joëlle Stagoll, Par-dessus le toit. Ed. de l'Hèbe, 2004, 188 p.

Le thème de l'amnésie - et donc de l'identité - est au centre de ce magnifique roman et traité de façon très émouvante, sans détails auxquels se raccrocher - lieu, époque et personnages ne sont qu'évoqués. Cet ouvrage constitue l'un des 4 premiers romans de Joëlle Stagoll, édités simultanément en 2004.

13:55 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Stagoll Joëlle, par-dessus le toit, suisse

16.01.2006

Haydé - Moi, Milton

Voici Milton, un chat qui vit bien des aventures!
Magnifique, cet album fait ressortir par des illustrations très épurées les plus fines émotions félines!
Un livre qui plaira tant aux petits qu'aux grands!

"Pattes de velours - griffes de secours" est l'une de mes répliques préférées (mais il faut voir les illustrations!)

A découvrir : les 5 autres albums de la collection Milton
Haydé Ardalan, Moi, Milton. La Joie de Lire, 1997

--> Ed. la Joie de Lire

21:20 Publié dans Jeunesse , Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ardalan Haydé, moi milton, suisse