14.06.2008
Franck Thilliez - Deuils de miel
Une femme nue est retrouvée morte dans une église. Aucun signe externe de violence, le décès a été provoqué par un mal mystérieux qui a fait "imploser" les organes de la malheureuse. Franck Sharko doit enquêter et sera vite confronté à des messages énigmatiques du tueur ainsi qu'à la réponse à la cause du décès : une forme virulente de paludisme a été inoculée à la victime. Voici donc Sharko plongé dans le monde des insectes, ce qui lui détourne l'esprit de son malheur quotidien : son épouse et sa fille sont toutes deux décédées dans un accident et, très logiquement, le commissaire ne parvient pas à s'en remettre.
Pocket, 2008, 340 p.
Âmes sensibles aux petites bêtes, s'abstenir! Certains passages sont très parlants et peu ragoûtants, et les descriptions des supplices subis par les victimes sont parfois insoutenables.
Globalement j'ai trouvé diaboliquement génial, même si quelques aspects m'ont déplu. C'est une belle découverte pour moi et cela fait plaisir de voir qu'il y a encore du bon polar francophone. Franck Thilliez a un style d'écriture bien à lui et, si elle est parfois un peu lassante, elle est de très bonne qualité. Je regrette un peu de ne pas avoir débuté ma découverte de Thilliez par le premier roman mettant en scène le commissaire Sharko, car j'aurais certainement mieux compris certains aspects du personnage. Mais bon, j'ai l'habitude de tout faire à l'envers!
Découvrez l'avis de Valdebaz!
14:29 Publié dans Littérature francophone, Polars | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : franck thilliez, france
06.06.2008
Philippe Djian - Doggy Bag 1
Marc et David Sollens sont deux frères quadragénaires, célibataires et séduisants. David sort avec Josianne, une jeune maman divorcée, Marc multiplie les aventures. Les deux frères s'entendent très bien et leur affaire de vente d'autos, pour laquelle ils sont associés, marche plutôt bien.
Un jour, une femme arrive à leur bureau. Il s'agit d'Edith, une femme qui avait provoqué un drame gigantesque vingt ans auparavant et avait amené les deux frères à se déchirer. La voici de retour.
10/18, 2007, 266 p.
Je ne connaissais pas Philippe Djian - honte à moi - et je n'ai pas été convaincue par Doggy Bag. La forme du roman, empruntée à la série télévisée, est très originale, il est vrai. L'écriture est dynamique, crue et enlevée, et ça m'a plu. On a vraiment l'impression de voir défiler les images. Mais le scénario n'est pas à la hauteur d'un Twin Peaks, c'est le moins que l'on puisse dire! Je ne me suis pas ennuyée au point d'abandonner, il y avait toujours quelque chose qui me poussait à continuer, mais je ne pense pas continuer avec la saison 2.
A voir, l'excellent article de Thom, et ceux de Pitou, Lilly
13:42 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : philippe djian, france
18.05.2008
Valérie Boronad - Les constellations du hasard
Luc, un jeune écrivain français, débarque à New York avec son manuscrit. Son but : le montrer à son idole, Paul Auster. Mais rapidement, il se fait voler son sac, qui contient son manuscrit. Désespéré, sans argent, il rentre tout penaud et raconte sa mésaventure au vieil homme qui le loge, Alejandro Asturias. Celui-ci lui propose un deal : Luc travaillera pour lui quelques heures par jour, contre un logement gratuit. Le travail consiste à taper les poèmes que lui dicte le vieillard. Luc est immédiatement subjugué par ces vers et par la vie d'Alejandro.
Il décide de recommencer l'écriture de son roman, de faire connaître la poésie d'Alejandro, de séduire sa petite-fille et de rencontrer Paul Auster par tous les moyens. Il a deux semaines pour réaliser ce programme!
Belfond, 2008, 183 p.
Je me suis laissée emporter par ce roman un peu magique, fait de rencontres étranges et belles et à l'écriture fraîche et rythmée. Le scénario s'approche plus du conte initiatique que du roman réaliste.
Valérie Boronad réussit bien à rendre l'atmosphère très typique "New York & Paul Auster", ce qui est très plaisant et étonnant pour un roman français! Et qui plaira aux fans d'Auster dont je suis...
Clarabel avait aussi apprécié...
Pour en savoir plus sur Valérie Boronad, dont il s'agit du premier roman, visitez son site officiel ici : http://www.valerieboronad.fr/
16:13 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : france, valérie boronad, paul auster
19.03.2008
Dupuy, Berberian, Jean-C. Denis - Un peu avant la fortune
Etienne est un détective privé en manque de clientèle. Il gagne le gros lot au loto. Mais la route sera longue avant de pouvoir éventuellement toucher le pactole, tant les mésaventures se succèdent.
Aire Libre, 2008
Je continue dans la BD, et bien m'en prend...
Cette nouvelle découverte m'a fait passer un moment sympa, quoique pas inoubliable, et m'a permis de réfléchir à une question essentielle : gagner au loto est-il vraiment une chance permettant de régler tous les problèmes? Ne serait-ce pas plutôt une source de problèmes de toutes sortes?
Il y a très peu de chances pour que j'ai l'occasion d'y répondre un jour, mais ce scénario m'a permis d'y penser quand même, ce qui ne sert à rien mais change les idées!
L'avis de Nicolas, beaucoup plus avisé et critique que mon oeil naïf!
13:55 Publié dans BD, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : dupuy, berberian, jean-c. denis, france
18.03.2008
Emmanuel Lepage et Sophie Michel - Oh les filles! (1ère partie)
On suit le quotidien de Chloé, Leïla et Agnès, trois filles du mêmes âge à Marseille, trois milieux sociaux très différents, mais dont les chemins finissent par se croiser. Chloé, élevée par sa mère qui travaille ardemment pour pouvoir payer à sa fille les cours de danse dont elle rêve ; Leïla, d'une famille d'immigrés marocains, confrontée au racisme dont sa famille est parfois victime ; Agnès, fille de riches, élevée par sa nounou tant ses parents sont absents, préoccupés par d'autres soucis.
Futuropolis, 2008
Encore une BD! Décidément c'est la révolution dans mes pratiques de lecture!
Ce portrait croisé de trois enfants et de leur famille respective aux statuts sociaux et culturels très divers est très sympa et attachant. J'ai très envie de connaître la suite, la seconde partie donc, car j'étais prise par les évènements de la vie de ces fillettes.
Le graphisme coloré et très en mouvement d'Emmanuel Lepage m'a plu également.
09:05 Publié dans BD, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : emmanuel lepage, sophie michel, france
10.02.2008
Catherine de Saint Phalle - Après la nuit
Un jour à l'aube, Renée décide de quitter définitivement André en emmenant Henri son fils, alors que Louis, l'aîné, est en séjour linguistique en Floride. Il s'agit d'un coup de tête après des années de vie commune que Renée a vécues comme dans une prison. Car depuis quinze ans, Renée est amoureuse de son amant, Lane, un violoncelliste américain qui est aussi le père de Henri et de Louis.
Les premiers pas vers la liberté, vers l'amour et vers la vérité sont alors à affronter, semés par le doute de la vie future, mais jamais par le regret.
Actes Sud, 2000, 259 p.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce récit d'une femme qui ose enfin oser, cesser de se mentir et aller vers sa vie. Catherine de Saint Phalle, qui m'était totalement inconnue (et à vous?), écrit superbement, elle saisit les personnages dans leur essence pour nous en transmettre un portrait très juste et hésitant, et nous les faire aimer.
Voici une maigre biographie de l'écrivain sur le site de France Culture.
18:36 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : catherine de saint-phalle, france
22.01.2008
Régis de Sá Moreira - Le libraire
Un libraire, dans sa librairie, tout entier dévoué à ses livres et un peu à ses clients. Le libraire n'a pas de nom, et sa librairie non plus. La librairie est ouverte jour et nuit sans interruption. Le libraire loufoque et solitaire est accroché à ses manies, comme celle de se faire une tisane après la venue de chaque client, de résoudre des conflits grâce à des phrases de manuels de langues ("Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs") ou de communiquer avec ses frères et soeurs par l'envoi de pages arrachées à des livres.
Le Livre de Poche, 2006, 189 p.
Poudoupoudoupoudou!
Drôle de livre! Je ne sais pas trop que penser. Ce court récit se lit très facilement et il est difficile de s'arrêter. L'écriture est drôle, très originale et même poétique. Mais cette petite vie de libraire solitaire fait un peu cliché et je ne comprends pas ce qu'a voulu dire l'auteur à travers ce roman. L'amour des livres? Cet aspect m'a certes parlé! Mais pour le reste, je ne vois pas.
Ce texte ne me restera donc pas inoubliable mais fut de lecture agréable!
Les critiques de Google, Jules, Lilly.
15:00 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Régis de Sá Moreira, france
14.10.2007
Philippe Claudel - Les âmes grises
Un homme raconte. La vie d'un village français durant la Première Guerre mondiale. Les petits drames de chacun, la culpabilité qui jaillit à chaque instant à la figure de ceux qui ne sont pas au front. Les deuils, les haines, et les tentatives d'oubli. Il me semble inutile d'en dire plus concernant l'intrigue, car il vaut la peine de la découvrir par la plume de Philippe Claudel.
"Les salauds, les saints, j'en ai jamais vu. Rien n'est tout noir, ni tout blanc, c'est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c'est pareil... T'es une âme grise, joliment grise, comme nous tous..." (p. 134)
Stock/Le livre de poche, 2006, 279 p.
Je suis subjuguée par la beauté de ce roman. L'écriture de Claudel est un pur délice, chaque phrase est un poème en soi. Et l'atmosphère que créé l'auteur, remplie d'une infinie mélancolie, est extrêmement touchante et prenante. Voilà un moment que je ne m'étais pas à ce point délectée à la lecture d'un roman, et il me tarde de découvrir les autres romans de Philippe Claudel.
Les avis ravis de Papillon, Sylvie et Clochette
21:49 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : philippe claudel, france
18.09.2007
Jean-Pierre Gattégno - Le grand faiseur
Philippe-Christophe Marlaud est un détective privé plutôt médiocre. Il attend désespérément son prochain client lorsqu'un homme sonne à sa porte. Il s'agit de Stanislas Josufus, fils de Nathan Josufus, l'une des plus grosses fortunes de la planète. Nathan est sur le point de mourir, et Stanislas veut récupérer une reconnaissance de dette signée par son père à la faveur d'un certain Bélial. Si la reconnaissance n'est pas retrouvée avant le décès de Nathan, son fils se verra privé de son héritage. Marlaud accepte la mission, qui ne tardera pas à s'avérer bien plus complexe et dangereuse qu'il n'y paraît.
Actes Sud, 2002, 221 p.
Il s'agit de mon premier Jean-Pierre Gattégno, et je suis surprise de tomber sur un polar!
L'écriture m'a beaucoup plu, Gattégno dresse avec Marlaud un portrait de détective très en relief, bien qu'un peu stéréotypé. Le scénario, très accrocheur, m'a tenue scotchée au roman. D'ailleurs, je n'emploie pas ce terme au hasard, car le récit m'a beaucoup fait penser à un texte écrit pour le cinéma. Ma déception provient de la fin du roman, qui me semble tirée par les cheveux et tient presque de la fable. Mais je soupçonne un deuxième degré, une ironie qui pourrait expliquer ce sentiment.
Enfin, je suis contente d'avoir découvert cet auteur et j'ai l'intention de lire d'autres titres de son oeuvre, car l'écriture me plaît vraiment.
11:59 Publié dans Littérature francophone, Polars | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jean-paul gattégno, france
17.09.2007
Jacques Neirynck - La mort de Pierre Curie
En ce début de XXème siècle, Raoul de Mézières est conseiller à l'Elysée. Le président Fallières lui confie la mission de faire la lumière sur les circonstances exactes de la mort de Pierre Curie, le renommé scientifique. Très rapidement, Raoul, flanqué de son fidèle et sarcastique serviteur Arsène Champigny, découvre de nombreux points obscurs. L'enquête doit être menée dans la plus grande discrétion, ce qui ne fait qu'ajouter à sa difficulté. Raoul est également chargé d'enquêter sur Marie Curie, la veuve de Pierre, afin d'écarter tout soupçon sur une possible entreprise d'espionnage de sa part, et d'établir la vérité sur ses prétendues origines juives. Car en cette époque de montée des nationalismes, il vaut mieux calmer les esprits et ménager les susceptibilités. Lourde tâche, donc, qui s'annonce pour Raoul de Mézières.
10/18, 2007, 236 p.
Nouvelle agréable découverte dans la fameuse série des Grands détectives!
Les dessous tortueux de la politique du début du XXème siècle sont habilement décrits par Jacques Neirynck. Entre républicains convaincus par le nouveau régime et royalistes nostalgiques, on peut déjà entrevoir les tensions nationalistes précédant la Première Guerre Mondiale. Les logiques floues régnant sur le monde scientifique et l'arrivée des femmes à l'université sont d'autres thématiques bien intégrées dans ce roman. Quant à l'intrigue, elle se laisse suivre aisément, sans pour autant être d'une originalité exceptionnelle. Un très bon moment!
16:43 Publié dans Littérature francophone, Polars | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jacques neirynck, suisse

