06.02.2008

Akira Yoshimura - La jeune fille suppliciée sur une étagère

294a78c122bef5aa34ed39c8dcf1b8c3.jpgDeux nouvelles.
La première donne la parole à une jeune fille de 16 ans qui vient de décéder. Des hommes proposent à ses parents une somme d'argent contre son corps. La jeune fille observe et décrit patiemment sa décomposition par des chercheurs et des étudiants, petit carré de peau par petit carré de peau, jusqu'à n'être plus qu'une carcasse vide.
Le second récit, Le sourire des pierres, confronte Eichi à Sone après des années d'éloignement. Les deux hommes étaient amis lorsqu'ils étaient enfants, et passaient beaucoup de temps dans le cimetière tout proche de chez eux. Mais un jour, le père de Sone s'était suicidé avec sa maîtresse, et le jeune garçon était parti sans donner de nouvelles. Aujourd'hui, Eichi et Sone sont dans la même université. Sone rencontre alors la soeur célibataire d'Eichi et le malaise s'installe.

Actes Sud, 2002, 141 p.

Ces deux récits brefs m'ont perturbée. Le premier par l'impassibilité de la jeune fille décédée et son sens aigu de l'observation, qui se laisse découper sans sourciller. Le second par le personnage de Sone, très mystérieux et malsain. Ces deux histoires sont reliées par le thème de la mort et donnent à réfléchir... La séparation du corps et de l'âme, le deuil, le suicide, la fertilité sont autant de sujets abordés dans une écriture magnifique et m'ont tout simplement envoûtée.

Les critiques de En noir et bleu et Papillon

21:30 Publié dans Littérature asiatique , Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : akira yoshimura, japon

25.02.2007

Johan Harstad - Ambulance

medium_harstad.jpgCe recueil de onze nouvelles relate des drames de la vie de personnages d'apparence ordinaire. Un seul point commun qui sert de fil rouge à ces récits : la présence d'une ambulance, bien que rarement au premier plan de l'histoire. Un ambulancier est hanté par l'image d'une femme qu'il a dû aller "secourir" alors qu'elle était décédée depuis déjà deux mois. Un homme veut aller au chevet de son père sur le point de mourir, mais il fonce dans une ambulance qui arrive en pleine vitesse.
L'ambulance constitue également le symbole de l'aide qu'une personne peut apporter à une autre personne en détresse. Un jeune garçon est très amoureux d'une de ses camarades de classe anorexique, et son amour semble l'aider dans sa maladie. Une femme rescapée de la guerre du Vietnam tente de faire comprendre à son psy l'indicible douleur d'une attaque au napalm.

Johan Harstad, Ambulance. Gaïa, 2005, 226 p.

Ce recueil dégage une atmosphère vraiment très prenante, les personnages sont passionnants. Peu à peu, au fil des nouvelles, des liens surgissent entre les protagonistes et donnent véritablement une identité au recueil. On recroise des personnages déjà rencontrés dans les récits précédents, ce qui donne une grande cohérence à l'ensemble. Johan Harstad réussit à créer une telle harmonie dans ses nouvelles que j'avais l'impression de lire un roman! Et l'écriture est vraiment d'une très grande qualité.

Johan Harstad est un jeune écrivain norvégien qui semble très prometteur! J'aimerais bien lire son roman, Buzz Aldrin, mais je ne sais pas s'il a été traduit en français.

11:20 Publié dans Littérature scandinave , Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : norvège, harstad

14.01.2007

Nicci French - Les morsures du doute

medium_french.jpgCe recueil est composé de trois nouvelles.

- La première donne la parole à une petite fille qui raconte comment se passe la vie à la maison, avec son papa camionneur, très affectueux, et sa maman malade, toujours au lit. Sa grande soeur qui fume en cachette, son grand frère qui n'est jamais là. On ne la sent pas tranquille. Quelque chose se trame derrière son dos mais elle ne sait pas quoi exactement.

- La seconde nouvelle, beaucoup plus longue, a pour cadre le drame de la perte d'un enfant. Cette fois, c'est la maman qui parle. Max, le grand frère de Rory, l'enfant mort noyé, semble perturbé, mais quoi de plus normal? Rick, le père, ne s'en remet pas et boit trop. Il finit par aller consulter une psy, mais cela cesse brusquement. Le couple s'éloigne de plus en plus, semblant chercher en l'autre un coupable. En effet, il semble étrange que Rory ait voulu aller seul dans la piscine alors qu'il avait peur de l'eau...

- Le dernière nouvelle est tellement courte qu'il ne vaut pas la peine de tenter de la résumer, mais elle a pour cadre une famille, elle aussi...

Nicci French, Les morsures du doute. Fleuve Noir, 2006, 181 p.

J'ai tout d'abord été surprise, car Nicci French écrit généralement des thrillers haletants, comme The Red Room. Mais là, rien de tout cela, il s'agit de courts récits intimistes qui ont pour point commun de mettre en scène un meurtre dans la famille. Mais pas de détails sordides ni de suspense insoutenable. L'intérêt réside plutôt dans la narration d'une ambiance de famille par l'un de ses membres, amenant petit à petit le lecteur au bout de l'horreur, dans un suspense délicat. Beaucoup de non-dits subsistent, c'est tout en suggestions que le lecteur doit s'imaginer les détails de chaque histoire. Nicci French sort ici des sentiers battus et ça me paraît réussi!

10:42 Publié dans Littérature anglo-saxone , Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : angleterre

24.09.2006

LEE Chang-Dong, Nokcheon

medium_chang_dong.jpgUne nouvelle incursion dans la littérature asiatique, cette fois-ci coréenne. Cet ouvrage regroupe deux nouvelles.
La première, Nokcheon, raconte les retrouvailles de deux frères qui ne s'étaient plus vus depuis 10 ans. Minwoo demande à son frère Joonsik de l'héberger. Seulement, Joonsik est marié et très vite, la cohabitation va semer le trouble dans son ménage.
La seconde nouvelle, Un éclat dans le ciel, décrit l'interrogatoire très dur de Shinhye, jeune étudiante et serveuse dans un café d'un village minier. Arrêtée par la police et accusée d'attiser l'activisme des milieux miniers, elle subit la torture et l'humiliation, alors qu'elle est innocente...

LEE Chang-Dong, Nokcheon. Seuil, 2005, 223 p.

Ces deux récits assez durs ont pour toile de fond les problèmes politiques coréens des années 80. Dans Nokcheon le frère de Joonsik doit fuir la police qui le recherche pour ses activités politiques militantes. L'épouse de Joonsik reproche alors à son mari sa mollesse et son manque d'engagement.
Dans Un éclat dans le ciel l'héroïne raconte sa jeunesse étudiante tiraillée entre l'engagement politique de ses proches amies et l'envie de vivre sans se préoccuper des problèmes des personnes les plus défavorisées par le régime.

15:40 Publié dans Littérature asiatique , Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : corée, lee chang-dong, nokcheon, un éclat dans le ciel

31.07.2006

Russel Banks - Histoire de réussir

medium_banks2.jpgCes petits récits de Russell Banks sont assez glauques. La plupart ont pour cadre les milieux modestes d'une région de l'Amérique des années cinquante, le New Hampshire, et mettent en scène des personnages qui se débattent avec une existence pas facile. Mais ces personnages ont également la force d'y croire, même si rien n'est fait pour les aider.
Russel Banks, Histoire de réussir. Actes Sud, 2006, 241 p.
Finalement, j'ai trouvé certaines de ces nouvelles très prenantes, voir émouvantes, alors que d'autres m'ont quelque peu ennuyée. Sentiment mitigé donc, pour ces petites histoires simples qui décrivent bien les relations humaines.

21:45 Publié dans Littérature anglo-saxone , Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : russell banks, nouvelles, histoire de réussir, états-unis

10.02.2006

Sheila Heti - Les fables du milieu

Ces nouvelles de la jeune auteure Sheila Heti sont très surprenantes! Extrêmement brèves - 2-5 pages généralement - elles sont tour à tour fantastiques, absurdes ou réalistes. Narrées à la façon d'un mini-conte, elles rapportent bien souvent de petites tranches de vie finalement assez banales, mettent en évidence les menus agacements que peuvent provoquer la vie quotidienne et les relations humaines, mais dans un style déjanté. Les chutes sont généralement sans grand renversement de situation, et closent la nouvelle comme elle a commencé, de façon naturelle, comme si c'était véritablement une tranche de vie coupée/collée... Très jolies, donc, ces petites histoires et j'en redemande à Sheila Heti, très prometteuse!
Sheila Heti, Les fables du milieu. 10/18, 2003, 129 p.

--> site de Sheila Heti

22:00 Publié dans Littérature anglo-saxone , Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Heti Sheila, les fables du milieu, canada