07.04.2008
Bernhard Schlink - Le retour
Peter Debauer a passé toutes les vacances de son enfance en Suisse, chez ses grands-parents paternels. Ceux-ci passaient leurs soirées à effectuer des corrections sur des manuscrits destinés à une collection de littérature populaire. Peter a l'interdiction de lire ces manuscrits. Mais un jour, alors jeune adulte, il tombe sur des restes de ces récits et commence à lire. Il se sent immédiatement concerné par l'histoire de ce soldat qui rentre au pays après la guerre et trouve sa femme avec un autre homme. Car il reconnaît bien vite sa ville dans ce récit, puis la maison dont il est question. Il va donc mener son enquête et faire la connaissance de la femme qui habite dans l'appartement correspondant au roman.
Folio/Gallimard, 2008, 402 p.
Je me réjouissait vraiment de retrouver Bernhard Schlink après l'émerveillement que m'avait procuré Le liseur. Et même si Le retour ne m'a pas procuré un tel effet, je l'ai beaucoup aimé!
Car Bernhard Schlink explore à fond le personnage principal, Peter, qui prend un relief très intéressant et permet de se mettre vraiment dans sa peau. J'ai suivi avec un grand intérêt sa double quête - de l'histoire et à travers elle, de soi. Jusqu'à l'aboutissement de cette recherche qui le mènera aux Etats-Unis.
Les passages qui m'ont par contre moins parlé sont les réflexions de Peter sur le sens du droit et de la justice, très érudits mais trop philosophiques à mon goût.
Estampilles est semi-déçue, Sole a apprécié.
21:05 Publié dans Littérature germanophone | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : bernhard schlink, allemagne
29.03.2007
Oskar Panizza - Journal d'un chien
Journal d'un chien, c'est le récit interloqué et acerbe d'un chien qui découvre la ville et l'espèce humaine. A quoi peuvent bien ressembler les pensées d'un basset qui observe d'en bas ce monde bizarre? Eh bien, par exemple, à cela :
"Au cours de la nuit, je sortis furtivement. J'avançai dans un clair-obscur. La lune, notre astre bienveillant, était très haut dans le ciel et regardait dans la chambre. Mais quel spectacle s'offrit à ma vue - ou plutôt, à mon odorat! Mon maître - comment dire? - mon maître, pareil à un poussin au sortir de l'oeuf, gisait sur le sofa. Les tuyaux de ses jambes étaient fripés. Les pieds, vides selon toute apparence et détachés du reste du corps, étaient posés sur le plancher. Les épaules, la taille et une partie de la tête étaient éparpillées sur le sofa, saucissonnées, brisées, vidées de leur substance. Le visage manquait. Et dans le lit? Eh bien, le masque grimaçant de mon maître, éclairé par la lune, reposait dans le lit et regardait, au fond de sa petite maison blanche. Effrayant."(p.21)
Oskar Panizza, Journal d'un chien. Ludd, 1994, 90 p.
Ce court texte m'a beaucoup intriguée. Le prenant au premier degré, j'ai beaucoup ri! En effet, les interrogations perplexes du chien au fil de ses découvertes sont vraiment drôles. Vu de son point de vue, c'est vrai que nous sommes vraiment bizarres, nous autres humains!
Mais le récit arbore une certaine profondeur dans un deuxième temps, une fois passés les gloussements. Il questionne différents aspects de l'espèce humaine et de la société et en devient presque philosophique.
L'auteur
Oskar Panizza? Je n'en avais jamais entendu parler jusque là. Et pourtant... J'ai été très surprise de voir que ce livre a été publié en 1892! Ce psychiatre allemand a apparemment sombré dans la folie avant de mourir en prison.
Pour en savoir plus
Un intéressant article du Matricule des anges sur l'écrivain, ainsi que la critique d'Eontos du blog Un livre, des livres à propos d'un autre écrit d'Oskar : Un scandale au couvent.
22:14 Publié dans Littérature germanophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal d'un chien, oskar panizza, allemagne
26.10.2006
Elke Schmitter - Légers manquements
Ce roman raconte l'histoire de quatre femmes berlinoises et intellectuelles. Bettina, maman d'une petite fille, voit d'un oeil presqu'indifférent sa relation avec son compagnon se dégrader. Selma, dont le petit ami réside temporairement aux Etats-Unis, fait la connaissance d'un metteur en scène qui la séduit. Angelika, homosexuelle jusque là, tombe amoureuse d'un homme et enceinte. Marlene, galeriste, se satisfait de la stabilité de sa vie. Les quatre femmes, toutes approchant la quarantaine, voient leur vie prendre un tournant décisif (ou pas). Les fragments de la vie de tous les jours de ces personnages dépeignent des préoccupations auxquelles nous sommes tous confrontés à un moment de notre vie.
Elke Schmitter, Légers manquements. Actes Sud, 2005, 300 p.
Je n'arrive pas à cerner précisément mon sentiment sur cet ouvrage. J'ai eu beaucoup de mal à accrocher dans un premier temps, puis je suis entrée dans l'histoire. Ma difficulté initiale vient peut-être du milieu intellectuel, voire élitiste, dans lequel évoluent les personnages, monde auquel je peine à m'identifier. Eh oui, je n'ai pas ressenti immédiatement la part d'ironie dont l'auteure a parsemé le récit! Le style littéraire du roman m'a également déstabilisée : le récit est composé de très courts chapitres, passant d'une protagoniste à une autre, et je ne savais jamais de qui il était question... Mais je reste sur une bonne impression et cela me donne envie de découvrir les autres créations d'Elke Schmitter!
22:19 Publié dans Littérature germanophone | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, berlin, elke schmitter, légers manquements


