12.04.2008
Nikki Gemmel - La mariée mise à nu
Le journal intime d'une femme, jeune mariée, nous est dévoilé par petites touches.
Tout d'abord, la période de la lune de miel, ou tout est dégoûlinant de joie sirupeuse, et qui se termine brusquement par la découverte de la trahison du mari.
Ensuite, une rencontre entre la mariée et un acteur puceau, qui va se terminer en leçons de sexe intenses.
Troisième partie, la jeune femme décide de raccrocher son côté femme libérée et de se consacrer à être la bonne épouse qu'elle avait commencé à incarner au début de son mariage, et de faire un bébé avec son mari.
Ce récit est présenté sous forme de "Leçons" successives, du genre "La jovialité est qualité fort charmante chez une infirmière", "Bonheur et vertu résident tous deux dans l'action", etc., qui sont autant de délices décalés du texte qui y est associé.
Au Diable Vauvert, 2006, 356 p.
J'ai reçu ce roman par Le Livre de Poche, qui proposait l'envoi d'un ouvrage contre une critique à renvoyer à l'éditeur. Lorsque je l'ai vu, sa couverture toute rose et kitche m'a donné les pires craintes. Mais en réalité, quelle surprise! J'ai immédiatement accroché à la lecture de ce livre très intense et très riche, qui traite sans tabou du mariage, du sexe et de l'identité de la femme. Je pense que chaque femme pourra se retrouver dans l'héroïne à certains moments du récit, car je peux imaginer que ses questionnements sont ceux de la plupart des femmes.
L'écriture est de plus très rythmée et agréable.
Eireann n'a pas trop aimé de même que Laure, Cuné a beaucoup aimé et Lo aussi.
11:45 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nikki gemmel, angleterre, australie
16.03.2008
Douglas Kennedy - Une relation dangereuse
Sally et Tony sont tous deux correspondants pour leur journal respectif au Caire. Il est anglais, elle est américaine. Ils se rencontrent lors d'une mission en Somalie et entament une relation. Très vite, Sally tombe enceinte. Au même moment, Tony est rappelé au siège de son journal à Londres. Il demande alors Sally en mariage et ils s'installent dans la capitale anglaise. Sally peine à s'acclimater, mais bientôt son bébé naît. Seulement, Sally est victime d'une grave dépression postnatale et n'est pas aidée par Tony qui semble très peu concerné par les affaires familiales.
Mais un jour, Sally, de retour à leur maison, s'aperçoit avec horreur que Tony a déménagé avec le petit Jack, et qu'il a obtenu que la garde de l'enfant soit totalement ôtée à Sally pour cause d'incapacité. La jeune femme devra alors se battre en justice contre cette machination abominable.
Belfond/Pocket, 2005, 533 p.
J'ai englouti rapidement cet agréable roman psychologique. Après un début quelque peu ennuyeux, on se concentre sur la psychologie des personnages qui m'a immédiatement poussée à détester le personnage de Tony. Et à partir du moment où Tony tend son piège à Sally, le suspense m'a empêchée de lâcher ce livre. J'étais révoltée par cette situation qui me paraît inconcevable et j'ai suivi avec passion le désarroi et la révolte de l'héroïne.
Un point très positif est l'effort de documentation effectué par Douglas Kennedy, que ce soit sur le délicat sujet de la dépression postnatale ou sur les rouages du système judiciaire anglais qui a conféré au récit un grand réalisme.
Un moment très agréable donc, même si certains passages sont longuets ou quelque peu stéréotypés.
Les avis d'Allie, Caroline, Maxi, Livrovore.
13:10 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : douglas kennedy, angleterre, états-unis
21.01.2008
Jonathan Coe - The closed circle
Pour cette suite de l'excellent Bienvenue au club, on retrouve Benjamin, Claire, Paul, Philip et Doug, entre Londres et Birmingham, vingt ans plus tard. Ceux que l'on avait connus écoliers sont à présents des adultes ordinaires, ou presque. La politique tient toujours une place importante dans leur milieu. On suit leurs problèmes d'adultes qui ont remplacé leurs tracas d'enfants. Mais les caractères n'ont pas changé : Paul, très ambitieux, est entré au cabinet de Tony Blair. Benjamin est toujours taciturne et ne parvient pas à oublier Cicely, son amour de jeunesse, ni à terminer son roman. Doug est devenu journaliste, tout comme Philip.
Les vieux démons sont toujours là, mais certains d'entre eux seront enfin résolus.
Penguin Books, 2005, 432 p.
Oufff! Ce fut dur de parvenir à la fin de ce roman pourtant très agréable. J'avais peut-être visé un peu haut dans la lecture en anglais. Enfin, je suis contente d'y être arrivée. Mais je ne pense pas que mon jugement soit très crédible car je suis bien consciente que les subtilités du scénario m'ont échappé.
Enfin, pour ce que j'en ai compris, ça m'a bien plu et m'a donné envie de continuer dans la voie Coe, après Bienvenue au club. Toujours la même ambiance so british et ces personnages en relief, dont les personnalités s'affirment (pas toujours dans le bon sens à mon avis)!
Avis de Clochette, Madame Charlotte.
22:10 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jonathan coe, angleterre
22.09.2007
Tim Parks - Rapides
Clive et Michela, un couple de kayakistes, organisent un stage de kayak dans le Tyrol du Sud, en Italie. Le groupe est composé d'une quinzaine de touristes anglais, adolescents et adultes, venus progresser dans la pratique de ce sport extrême. La vie de groupe n'est pas simple à gérer, qui plus est dans ce contexte de sport dangereux, ou une vague anxiété plane toujours. Le choc des idées se fait aussi sentir, entre le couple de moniteurs aux vues altermondialistes et la diversité des participants - banquiers, assureurs ou autres. Le récit est assuré par Vince, l'un des touristes venu avec sa fille, son épouse étant décédée depuis quelques mois. Cette expérience particulière va remettre totalement en question sa façon de vivre actuelle, comme banquier à la City.
Actes Sud, 2006, 301 p.
J'ai eu de la peine à entrer dans le roman, car les personnages mettent un certain temps à prendre du relief. Les touristes Britanniques jamais à cours d'une blague graveleuse et les moniteurs naïvement altermondialistes m'agaçaient à divers degrés. Mais l'arrivée de Vince, donnant un angle intéressant au récit, m'a permis de m'attacher aux protagonistes et de m'accrocher à l'histoire.
La thématique du sport extrême m'a bien plu. Que recherchent ceux qui pratiquent ce genre de sport? Le texte comporte un peu trop de descriptions techniques, mais cela amène un certain suspense.
En bref, je recommanderais ce roman principalement pour son originalité. Allergiques au sport s'abstenir!
16:15 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tim parks, angleterre, sport
30.01.2007
Jonathan Coe - Bienvenue au club
Benjamin grandit dans les années septante à Birmingham, Grande-Bretagne. Jonathan Coe nous fait vivre les aventures du jeune homme et de ses amis du collège privé qu'ils fréquentent, entre la publication du journal de l'école, les rêves de création musicale et littéraire, et la naissance des sentiments amoureux. Avec en toile de fond la montée du syndicalisme britannique, les grèves, la montée du nationalisme, le racisme grandissant contre les Irlandais, et contre les ressortissants des colonies britanniques qui arrivent dans le pays.
Jonathan Coe, Bienvenue au club. Gallimard, 2003, 540 p.
Jonathan Coe réussit à nous plonger dans une époque, dans une ambiance, les Seventies en Angleterre! J'aime beaucoup ce style, genre "chroniques d'une époque", et c'est très réussi en l'occurrence! Plus sérieux qu'un David Lodge, il m'a quand même fait penser à son "Jeux de maux".
Une vraie belle découverte que cet auteur et il me tarde de lire la suite de "Bienvenue au club" intitulé "Le cercle fermé", que j'ai trouvé à Londres, in english of course!
07:52 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jonathan coe, angleterre
18.01.2007
Ian McEwan - Samedi
Henry Perowne est un neurochirurgien qui a tout pour être heureux : passionné par son métier, il est très amoureux de sa femme malgré 20 ans de vie commune, a élevé deux beaux enfants qui réussissent chacun dans leur domaine, et habite dans une belle maison au centre de Londres.
On est un samedi de février 2003. Un banal samedi dans la vie de quelqu'un qui a réussi, et qui n'a pas de gros soucis à affronter. Au programme : une partie de squash, l'achat des courses pour le bon souper du soir, une visite à sa mère dans sa maison de retraite, puis un souper avec la famille au grand complet, enfin réunie. Mais voilà, la journée qui débute est jalonnée de petits incidents, de ces petits rien. Non, ce n'est pas le début imminent de la guerre en Irak par les Américains et les Anglais, contre laquelle manifestent ce jour-là des millions de personnes au centre de Londres qui cause des soucis à Henry. C'est un accrochage avec une BMW suivie d'une querelle avec son propriétaire, une défaite imméritée au squash, une dispute avec sa fille chérie qu'il n'a plus vue depuis des semaines. Comment une journée comme tant d'autres peut-elle tourner ainsi au désastre? Car ces micro-événements ne sont que le prélude de ce qui va suivre...
Ian McEwan, Samedi. Gallimard, 2006, 349 p.
J'ai été ravie par la lecture de ce nouveau roman de McEwan. J'ai beaucoup aimé la concentration de l'histoire, tout en lenteur - le fait de suivre pas à pas une personne durant une journée, découvrant peu à peu son univers, aussi bien familial que professionnel. En plus de son entourage, on cerne petit à petit ce qui forme les pensées de ce personnage gâté par la vie, quelles sont les préoccupations de quelqu'un qui ne devrait pas avoir de souci - mais qui en a évidemment autant que quiconque. Puis, le suspense et l'effroi, qui surgissent enfin, au faîte de l'histoire.
Sur fond des bouleversements de l'ordre mondial de ce début de XXIème siècle, on explore ainsi UN être humain et son désarroi d'un jour. Mais cela ramène évidemment à nos propres doutes et angoisses, ainsi qu'à la fragilité de notre société.
Bref, voici un roman minutieusement construit qui décortique à merveille les phobies de notre époques, dans les dimensions individuelles et collectives.
22:50 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : angleterre
14.01.2007
Nicci French - Les morsures du doute
Ce recueil est composé de trois nouvelles.
- La première donne la parole à une petite fille qui raconte comment se passe la vie à la maison, avec son papa camionneur, très affectueux, et sa maman malade, toujours au lit. Sa grande soeur qui fume en cachette, son grand frère qui n'est jamais là. On ne la sent pas tranquille. Quelque chose se trame derrière son dos mais elle ne sait pas quoi exactement.
- La seconde nouvelle, beaucoup plus longue, a pour cadre le drame de la perte d'un enfant. Cette fois, c'est la maman qui parle. Max, le grand frère de Rory, l'enfant mort noyé, semble perturbé, mais quoi de plus normal? Rick, le père, ne s'en remet pas et boit trop. Il finit par aller consulter une psy, mais cela cesse brusquement. Le couple s'éloigne de plus en plus, semblant chercher en l'autre un coupable. En effet, il semble étrange que Rory ait voulu aller seul dans la piscine alors qu'il avait peur de l'eau...
- Le dernière nouvelle est tellement courte qu'il ne vaut pas la peine de tenter de la résumer, mais elle a pour cadre une famille, elle aussi...
Nicci French, Les morsures du doute. Fleuve Noir, 2006, 181 p.
J'ai tout d'abord été surprise, car Nicci French écrit généralement des thrillers haletants, comme The Red Room. Mais là, rien de tout cela, il s'agit de courts récits intimistes qui ont pour point commun de mettre en scène un meurtre dans la famille. Mais pas de détails sordides ni de suspense insoutenable. L'intérêt réside plutôt dans la narration d'une ambiance de famille par l'un de ses membres, amenant petit à petit le lecteur au bout de l'horreur, dans un suspense délicat. Beaucoup de non-dits subsistent, c'est tout en suggestions que le lecteur doit s'imaginer les détails de chaque histoire. Nicci French sort ici des sentiers battus et ça me paraît réussi!
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28.09.2006
Anne Perry - Pentecost Alley
Le meurtre d'une prostituée, dans le quartier pauvre de Whitechapel, à Londres, dans les années 1890. Une enquête à rebondissements et beaucoup de suspense, bref, un bon polar comme je les aime!
Anne Perry, Pentecost Alley. 10/18, 2004, 390 p.
Je découvre seulement Anne Perry maintenant, moi, fan de polars! Je me réjouis de découvrir ses autres romans, car elle semble avoir été très prolifique! J'adore l'ambiance victorienne XIXe siècle, bas-fonds londoniens, opposition haute société/populations défavorisées, émergences d'opinions "progressistes" etc.
18:20 Publié dans Littérature anglo-saxone , Polars | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anne perry, pentecost alley, angleterre, polar


