24.10.2007

Milena Agus - Mal de pierres

c4bc011a99e92024cebe4142c12cada1.jpgLa narratrice raconte la vie de sa grand-mère en Sardaigne, durant la Seconde guerre mondiale et ensuite. Cette grand-mère qu'aucun homme ne voulait épouser, qualifiée de "dérangée", et qui épousera finalement un homme sans pour autant connaître l'amour... Si ce n'est pendant une cure thermale, dans les années cinquante, au cours de laquelle elle croise le Rescapé dont elle tombera amoureuse. L'enfant viendra enfin, le père de la narratrice, qui deviendra pianiste de renom.

Liana Levi, 2006, 123 p.

Ce court roman d'une délicatesse infinie vaut la peine d'être dégusté tranquillement pour goûter pleinement la saveur des mots gorgés du soleil sarde. Milena Agus réussit en peu de pages à dresser le subtil portrait d'une femme fascinante.

Des avis plus étoffés : Clarabel, Bernard, Biblioblog, Lilly, Sylire

21.08.2007

Stefano Benni - Saltatempo

a1ee28abe80db3abcfed18bb60b84b47.jpgSaltatempo raconte sa vie d'enfant dans un petit village italien du milieu des années cinquante. Un matin, il rencontre un Dieu qui lui offre une bimontre qui lui permet de se transposer dans l'avenir et dans le passé. Ce qu'il voit ne le réjouit pas. Les années défilent, et la promotion immobilière vient détruire la nature au sein du village, au profit d'une autoroute et de zones villas.
Puis Saltatempo entre au lycée dans la ville proche. Il connaît ses premiers vrais émois amoureux et politiques : on arrive en 1968. Mais la vie en ville ne fait pas oublier son village à Saltatempo, qui y retourne fréquemment. Les dissensions entre les villageois sont de plus en plus fortes, et Saltatempo reste impuissant à tout cela. Vengera-t-il finalement les vieux du village qui ont vu celui-ci se désagréger sous leurs yeux?

Actes Sud, 2003, 414 p.

J'ai fait ici une belle découverte!
Stefano Benni écrit de manière délicate et drôle, et le récit de ce petit garçon sensible et fantaisiste qui peu à peu découvre les joies et désillusions de la vie m'a vraiment emballée. A cheval entre fable et fresque sociale, je ne me suis pas ennuyée un instant!

Voici un autre avis, celui de Sibylline.

01.08.2007

Luigi Guarnieri - La double vie de Vermeer

Me voici de retour de vacances, avec quelques livres à chroniquer... Je commence par le dernier que j'ai lu, puis suivront un Indridason et un Murakami, dévorés début juillet.c6514db4ffe30cba78aa9c36049fcb55.jpgDans ce roman à tendance documentaire, Guarnieri narre le destin extraordinaire de Han Van Meegeren, un faussaire du grand peintre du XVIIe Vermeer, ayant réellement existé au vingtième siècle. Extraordinaire, car Van Meegeren, peintre raté sali par les critiques d'art, décide de se venger de ceux-ci en montant un coup de maître pour les humilier. Il va réaliser LE Vermeer dont tous les spécialistes savent qu'il existe certainement mais que personne n'a encore trouvé, puis en clamer sa paternité. Mais produire une toile qui paraisse dater du 17e siècle est très difficile et cela demande des années de préparation au faussaire. Le plan se déroule à merveille, si bien qu'il décide de ne pas révéler la vérité et de produire d'autres oeuvres de grands maîtres.

Actes Sud/Babel, 2007, 227 p.

Ce livre très original m'a énormément plu. La démarche de Guarnieri, parti d'un fait réel puis largement documenté pour ensuite en faire un roman, est passionnante. Et le questionnement induit par le plan du faussaire donne à réflexion : qu'est-ce qui donne sa valeur à une oeuvre d'art? Suffit-il qu'elle soit réalisée par un artiste reconnu pour être qualifiée d'extraordinaire? Quel rôle jouent les critiques d'art? Bref, une lecture très originale et instructive. Mais il est vrai qu'il ne m'a pas été toujours facile de m'y plonger, car le texte est très documenté par des explications de techniques picturales. Pas une lecture vraiment détente, en fait!

29.08.2006

Elisabetta Rasy - Entre nous

medium_rasy.jpgUne adolescente narre sa vie à Rome dans les années soixante, et décrit ses interrogations d'alors : vie scolaire, familiale, premiers émois amoureux...

Elisabetta Rasy, Entre nous. Seuil, 2004, 182 p.

Le grand intérêt de ce roman pour moi réside dans son écriture, qui est magnifique. Beaucoup de descriptions très délicates, des objets et des émotions, dans un style littéraire très particulier. L'histoire n'a rien de palpitant mais l'auteur réussit à nous plonger dans une atmosphère, cette Rome des années soixante, sur un ton très nostalgique et mélancolique. Je garde de ce livre une impression favorable, mais ce n'est pas le roman que l'on lit comme ça pour se détendre, il exige une certaine implication.