16.03.2008
Haruki Murakami - Kafka sur le rivage

Kafka, un adolescent de quinze ans, fugue de chez son père à Tokyo. Il se rend dans le Shikoku et réussit à trouver du travail dans une bibliothèque gérée par deux personnes mystérieuses, Oshima et Mlle Saeki.Dans le même temps, Nakata, un vieil homme un peu simplet, voit sa routine bouleversée par des évènements qui l'obligeront à fuir Tokyo. Après un long périple, il arrive dans le Shikoku accompagné de Oshino. Ce jeune homme suit Nakata dans son voyage après avoir été séduit par l'étrange bonhomme lorsqu'il l'a pris en stop.
Chacun des protagonistes est alors guidé par son destin dans une fable onirique.
10/18, 2007, 637 p.
Ce roman est une merveille onirique! Le récit, qui alterne le périple de Nakata et celui de Kafka, est tout à fait prenant. L'écriture est magnifique et nous entraîne dans un autre monde, dans des mondes parallèles que je n'aurais pas soupçonnés. Les personnages sont extrêmement attachants, et j'ai particulièrement été touchée par la relation entre Oshino et Nakata qui représente vraiment la magie d'une rencontre.
Voici donc un autre Murakami qui m'a vraiment envoûtée, comme à chaque fois!
Les avis de Clochette, Black, Cécile, Yue Yin, Gachucha.
Lu dans le cadre du défi lecture le Nom de la rose
09:55 Publié dans Littérature asiatique | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : haruki murakami, japon
06.02.2008
Akira Yoshimura - La jeune fille suppliciée sur une étagère
Deux nouvelles.
La première donne la parole à une jeune fille de 16 ans qui vient de décéder. Des hommes proposent à ses parents une somme d'argent contre son corps. La jeune fille observe et décrit patiemment sa décomposition par des chercheurs et des étudiants, petit carré de peau par petit carré de peau, jusqu'à n'être plus qu'une carcasse vide.
Le second récit, Le sourire des pierres, confronte Eichi à Sone après des années d'éloignement. Les deux hommes étaient amis lorsqu'ils étaient enfants, et passaient beaucoup de temps dans le cimetière tout proche de chez eux. Mais un jour, le père de Sone s'était suicidé avec sa maîtresse, et le jeune garçon était parti sans donner de nouvelles. Aujourd'hui, Eichi et Sone sont dans la même université. Sone rencontre alors la soeur célibataire d'Eichi et le malaise s'installe.
Actes Sud, 2002, 141 p.
Ces deux récits brefs m'ont perturbée. Le premier par l'impassibilité de la jeune fille décédée et son sens aigu de l'observation, qui se laisse découper sans sourciller. Le second par le personnage de Sone, très mystérieux et malsain. Ces deux histoires sont reliées par le thème de la mort et donnent à réfléchir... La séparation du corps et de l'âme, le deuil, le suicide, la fertilité sont autant de sujets abordés dans une écriture magnifique et m'ont tout simplement envoûtée.
Les critiques de En noir et bleu et Papillon
21:30 Publié dans Littérature asiatique , Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : akira yoshimura, japon
27.12.2007
Aki Shimazaki - Wasurenagusa
Kenji Takahashi est l'héritier d'une famille prestigieuse de Tokyo. Il se doit donc de perpétuer la lignée, comme le veut la tradition. Seulement, un premier mariage l'a fait se rendre compte qu'il est stérile. Après son divorce devenu obligatoire, ses parents le pressent de se trouver une nouvelle épouse afin qu'ils puissent procréer. En effet, ils ne peuvent pas imaginer une seconde que c'est leur fils qui est stérile. Kenji continue donc à vivre avec son lourd secret.
Il rencontre alors Mariko, une orpheline mère de Yukio, dont le père est inconnu. Kenji tombe immédiatement amoureux de Mariko, mais comment pourrait-il épouser une fille-mère issue d'une famille modeste? Kenji décide de braver la tradition et épouse Mariko, puis adopte Yukio. Mais le prix à payer est une rupture définitive avec ses parents.
Actes Sud, 2003, 123 p.
C'est magnifique, une fois de plus. Aki Shimazaki réussit encore à nous ensorceler, dans ce quatrième livre de la suite "Le poids des secrets". Subtile et délicate écriture, qui retranscrit très bien les sentiments contradictoires de M. Takahashi. Désir, culpabilité, soif de liberté et de rompre avec des traditions irréalistes.
C'est vraiment superbe et j'ai envie de lire Hamaguri, Tsubame et Hotaru, après avoir déjà lu le premier, Tsubaki.
08:00 Publié dans Littérature asiatique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : japon, aki shimazaki
30.09.2007
Mariko Koike - Le chat dans le cercueil
Hariu est engagée comme professeure particulière auprès de Momoko, fille de Gôro, un professeur de peinture veuf. En échange, celui-ci lui donne des cours particuliers de peinture, qui est la passion de Hariu. Le trio est complété par Lala, la chatte adorée de Momoko. Mais la quiétude de la maisonnée est dérangée par l'arrivée de Chinatsu, une superbe femme qui est la nouvelle petite amie de Gôro. Hariu est très jalouse de celle-ci car elle est secrètement amoureuse du peintre. Quant à Momoko, elle peine également à accepter Chinatsu et reporte son affection sur Hariu. Toutes ces jalousies et ces rancoeurs non-dites vont mener à des événements dramatiques.
Picquier Poche, 2002, 206 p.
Sous des airs de petite histoire toute innocente, ce roman raconte un drame psychologique qui hérisse le poil. Après un début gentillet, la tension va crescendo jusqu'à en devenir insoutenable. On étouffe dans cette maison où rien ne se dit mais où tout se joue.
Mis à part ce scénario très prenant, l'écriture est joliment fluide et très claire, ce récit se lit donc très vite. Je ne connaissais pas Mariko Koike mais il semble qu'elle ait écrit des romans policiers que j'aimerais bien essayer.
18:08 Publié dans Littérature asiatique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : japon, mariko koike
21.09.2007
Sélection japonaise
J'ai réussi à trimballer mon compagnon à la Fureur de lire, manifestation genevoise consacrée à la littérature. Cette année, le thème en est la littérature d'Extrême-Orient, et on peut y rencontrer des écrivains prestigieux comme Mo Yan et Dai Sijie.
En passant au stand des libraires, nous n'avons pu nous empêcher d'acheter quelques livres de chez Philippe Picquier :
ECSTASY de MURAKAMI Ryû
PARASITES de MURAKAMI Ryû

LE CHAT DANS LE CERCUEIL de KOIKE Mariko (policier)
choisis par mon copain, et :
KAIRO de KUROSAWA Kiyoshi
de mon choix! Il s'agit d'un roman fantastique...
Je me réjouis de découvrir tout cela... même si ça a plutôt tendance à me décourager en ce qui concerne ma PAL!
--> Découvrez le beau programme de la Fureur de lire : http://www.ville-ge.ch/culture/fureur/
13:57 Publié dans Lecture & Co , Littérature asiatique | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : japon
08.08.2007
Natsuo Kirino - Disparitions
Lorsqu'elle a atteint sa majorité, Kasumi a fui le domicile de ses parents pour partir à la découverte de la vie, c'est-à-dire à Tokyo. Elle ne leur a jamais donné de nouvelles, et ils ne l'ont jamais recherchée. A présent, elle est mariée et a deux enfants. Ainsi qu'un amant, Ishyama, un client de son mari. Leur passion grandissant, ils décident de passer un week-end de villégiature dans la maison de vacances d'Ishyama et son épouse. Les deux familles sont alors réunies, et les amoureux en profitent pour se voir en cachette.
Mais le drame survient lorsque Yuka, la fille aînée de Kasumi, se fait enlever devant la maison. Aucun témoin, aucun indice, et voici des années de cauchemar qui commencent pour Kasumi. Une nouvelle vie commence alors pour la jeune femme, enfermée dans un espoir et un chagrin auxquels seule la quête ininterrompue de son enfant peut donner un sens.
10/18, 2004, 509 p.
Disparitions parle de culpabilité, de liberté, de notre rapport à la mort. Les personnages ont pour la plupart une double personnalité, et évoluent énormément au cours du récit, ce qui les rend intéressants, mais également intrigants. Ainsi, je n'ai jamais réussi à cerner Kasumi, cette femme énigmatique, à la fois fragile et très forte. Je n'ai donc pas pu m'émouvoir de ses malheurs. Ce roman m'a donc plu dans son ensemble, que ce soit son atmosphère, le scénario ou ses protagonistes. Mais un arrière-goût bizarre me reste après l'avoir refermé, que je n'arrive pas à expliquer.
20:10 Publié dans Littérature asiatique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : natsuo kirino, disparitions, japon
02.01.2007
Mathématiques et baseball
Une jeune maman célibataire est engagée comme aide-ménagère chez un vieux professeur de mathématiques privé de mémoire immédiate suite à un grave accident. Il ne se souvient que des dernières 80 minutes ainsi que de tout ce qui précède son accident. Lorsqu'il apprend que le jeune femme a un fils de 10 ans, le professeur lui demande de l'amener, et commence alors une très belle histoire d'amitié entre ces trois êtres.
Yoko Ogawa, La formule préférée du professeur. Actes Sud, 2005, 246 p.
Cette histoire simple et très belle m'a enchantée. Cette relation entre trois générations, basée sur un profond respect, m'a beaucoup plu. Le professeur réussit à transmettre sa passion des nombres à la femme et à son fils, en toute simplicité, sans jamais humilier leur ignorance, encourageant leur intuition. Le jeune garçon, passionné par le baseball, leur fait partager ce hobby. La maman se fait un honneur de rendre la vie plus facile au vieil homme qui toutes les 80 minutes ne sait plus qui est face à lui, et joue le jeu sans jamais perdre patience.
Quant au style, il est superbe! Ogawa met une poésie dans les mathématiques et autres théorèmes que je n'aurais jamais soupçonnée. Pour moi, il s'agit du meilleur Ogawa.
21:30 Publié dans Littérature asiatique | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : japon


