31.10.2006
Donald Westlake - Le Couperet
Ancien cadre, Burke Devore est au chômage depuis deux ans. Il commence à désespérer de retrouver du travail dans un secteur industriel pointu et contraint de faire des économies. Mais voilà, il arrive à la fin de sa période d'indemnités, et sa famille et lui risquent d'avoir à faire face à de graves problèmes financiers. De plus, son ménage commence à battre de l'aile. Découragé, Burke décide alors de se débarrasser de ses principaux rivaux dans la course à l'emploi, et pour cela il met au point un plan machiavélique qui consiste à tuer les quelques personnes de sa région qui présentent le même profil professionnel que lui.
Donald Westlake, Le Couperet. Rivages/Noir, 2000, 332 p.
J'ai dévoré ce bouquin! Tout d'abord, le scénario, qui est sans faille, et qui m'a tenue en haleine jusqu'à la dernière page! Le tueur allait-il être découvert? Ensuite, l'écriture, qui est un récit à la première personne du tueur, et qui a pour effet que l'on se pose plein de questions : serais-je capable de faire pareil, dans une situation aussi désespérée? Même si je me dis spontanément "NON", une partie de moi ne peut pas s'empêcher de comprendre cet homme par moments, car il décrit très bien la situation désastreuse du marché de l'emploi aux USA (qui est d'ailleurs pareille chez nous) et la façon immonde dont sont traités les travailleurs. On oscille donc entre dégoût pour le personnage et des moments de tolérance. A lire absolument!
Je n'ai pas vu le film de Costa-Gavras tiré du livre, mais cette lecture m'a donné envie de le voir (même si on est souvent déçu dans ce genre de démarche).
19:05 Publié dans Littérature anglo-saxone , Polars | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : donald westlake, couperet, polar, travail, chômage
08.10.2006
Anne Weber - Cendres & métaux
Anne Weber s'est installée, le temps de l'écriture de ce roman, dans une entreprise suisse de matériel dentaire basée dans la petite ville de Bienne. Ce qui en résulte est non pas une histoire clairement construite, mais une suite de pensées et d'observations sur le monde du travail, l'économie, la lutte des classes, la nature ou l'activité d'écrivaine.
Anne weber, Cendres & métaux. Seuil, 2006, 120 p.
Ce petit livre se lit rapidement et nous emmène dans les dédales des pensées biscornues d'une auteure postée en observatrice dans un monde finalement banal, celui d'une entreprise de taille moyenne. L'écriture est bien maîtrisée et l'originalité de ce roman fait qu'on s'accroche. Voici un extrait tiré de la page 21 :
"Je peux me transporter maintenant dans le Sud de la France et y regarder un homme qui, assis à une terrasse de café et buvant du pastis, laisse pendouiller son âme, comme disent les Allemands, bien que l'âme soit a priori, d'après ce qu'on en sait, peu encline à pendouiller. A vrai dire, il est aussi difficile de se la représenter en train de pendouiller que ne pendouillant point."
14:31 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anne weber, travail, suisse

