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29.04.2007
Arto Paasilinna - Le lièvre de Vatanen
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Vatanen s'ennuie, il se lasse de sa vie. C'est alors qu'il heurte un lièvre sur la route. Effrayé, celui-ci se laisse adopter et ils débutent tous deux un long périple à travers la Finlande.
Arto Paasilinna, Le lièvre de Vatanen. Folio, 2006, 235 p.
Je suis totalement conquise, une fois de plus! Après ma découverte de Paasilinna avec Un homme heureux, Le lièvre de Vatanen m'enchante également. Parcourant la Finlande dans une sorte de voyage initiatique, Vatanen et son charmant lièvre vont de rencontres bizarres en expériences farfelues. Personnages loufoques, situations grotesques ou cocasses, je ne me suis pas ennuyée un instant. Et tout est présenté avec tant de naturel que tout semble normal. J'aime vraiment beaucoup le style de Paasilinna, j'ai toujours l'impression de lire un conte teinté de la magie scandinave.
21:40 Publié dans Littérature scandinave | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : arto paasilinna, finlande, lièvre de vatanen
24.04.2007
Philippe Besson - Les jours fragiles
Philippe Besson imagine le journal intime d'Isabelle Rimbaud, la soeur d'Arthur Rimbaud. Le poète, venant d'être amputé d'une jambe, retrouve ses Ardennes natales à contrecoeur. Lui qui a sillonné l'Afrique avec bonheur supporte mal son retour aux terres de son enfance. Isabelle épaule son frère durant sa difficile agonie et les deux frère et soeur réussissent à recréer une affection éphémère depuis longtemps disparue.
Philippe Besson, Les jours fragiles. Julliard, 2004, 188 p.
Je suis mitigée face à ce récit troublant. Déstabilisée car je ne m'attendais pas du tout à cela, peut-être. Trop fragile, trop lent, je me suis malgré tout laissée envoûter par ces mots simples et émouvants. L'idée de composer sur la relation de Rimbaud avec sa soeur est audacieuse et originale et, à mon avis, réussie. Ce roman plaira certainement aux adeptes de Rimbaud, montrant une autre facette - romancée - du poète.
Par contre, Flo et Lo ou encore Lilly, pour ne citer qu'elles, ont autrement apprécié!
Ceci était ma 100e note! J'aurais pu franchement faire mieux pour l'occasion, mais tant pis ;-)
22:27 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : philippe besson, jours fragiles, arthur rimbaud
23.04.2007
Frank Tallis - La justice de l'inconscient
Vienne, début du 20è siècle. Une jeune médium est retrouvée assassinée, dans une mise en scène qui ressemble à une illusion. En effet, la balle qui l'a tuée a disparu, et la femme est retrouvée dans son salon enfermée de l'intérieur, ce qui est impossible! S'agirait-il d'une vengeance d'un quelconque esprit supérieur? L'inspecteur Reinhardt n'y croit pas, et Max Liebermann, jeune psychanalyste qui l'aide dans son enquête, y croit encore moins!
Frank Tallis, La justice de l'inconscient. 10/18, 2007, 442 p.
Très sympa cette nouvelle série policière! Les débuts de la psychanalyse dans une Vienne mélomane constituent un contexte très original, et très intéressant. Cela permet de se rendre compte à quel point les découvertes de Freud représentaient alors une révolution dans la manière de penser l'humain et rencontraient de grandes résistances... Le côté mystique m'a moins plu, étant totalement hors de cette pensée, et ajoutaient un côté "comique" à l'intrigue. La construction, très traditionnelle, m'a bien sûr tenue en haleine. Je crois savoir que Frank Tallis a publié un second opus des enquêtes de Reinhardt et Liebermann, Du sang sur Vienne.
08:05 Publié dans Littérature anglo-saxone , Polars | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : frank tallis, autriche
14.04.2007
Jonathan Tropper - Le livre de Joe
Joe Goffman vient de publier son premier roman qui devient rapidement un best-seller. Une adaptation au cinéma s'ensuit, ce qui rend Joe rapidement très riche. Bush Falls, le livre qu'a écrit le jeune auteur, est tiré de l'enfance de celui-ci dans une petite ville du Connecticut. Les personnages de la ville sont y décrits de manière fort peu glorieuse, et la ville entière est folle de rage. Mais Joe n'y a plus mis les pieds depuis dix-sept ans et ne s'en préoccupe pas. Jusqu'au jour où son père tombe dans le coma, et où Joe est contraint de retourner à Bush Falls. Ce retour aux sources va lui montrer la rancoeur que lui vouent les habitants, et le replonger douloureusement dans son enfance, dont il avait occulté des pans entiers.
Jonathan Tropper, Le Livre de Joe. 10/18, 2007, 411 p.
Alors là, ça faisait longtemps que je n'avais pas pareillement dévoré un livre! Autant dire qu'il m'a éblouie, mais aussi énormément émue. Le retour de Joe à ses racines remue en lui des sentiments incontrôlables d'une force inouïe, et ses émotions ambiguës, entre culpabilité et regrets, m'ont vraiment retournée. Cela montre bien la difficulté de quitter puis revenir dans les lieux de l'enfance. Les relations familiales y sont aussi très bien décortiquées, ainsi que le deuil et l'amitié. Et tout cela sous une superbe plume, pleine de verve et d'humour! Bref, un vrai régal que partagent également Florinette, Agapanthe et Clochette, alors que Chimère est un poil moins enthousiaste (il en faut bien!).
19:09 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : jonathan tropper, livre de joe, états-unis
11.04.2007
Yasmina Khadra - Les hirondelles de Kaboul
Kaboul, sous le régime des taliban. Atiq est
un ancien milicien reconverti en geôlier. Sa femme Mussarat est gravement malade. Mohsen et sa femme Zunaira, eux, ont tout perdu après avoir vécu dans les milieux aisés. Ces quatre personnages traînent leur désespoir dans une Kaboul où plus rien n'est permis, pas même l'espoir.
Yasmina Khadra, Les hirondelles de Kaboul. Juillard / Pocket, 2004, 147 p.
Ce livre est d'un réalisme bouleversant. Pas une lueur d'espoir dans l'histoire de ces deux couples! Ce roman montre bien l'horreur de la dictature des taliban qui annule toute vie, empêche de rêver et d'aller de l'avant, et qui annihile toute forme de joie de cette population qui n'a plus de libertés. Il met notamment en relief la condition de la femme qui est catastrophique :
"Comment a-t-elle pu accepter d'enfiler ce monstrueux accoutrement qui la néantise, cette tente ambulante qui constitue sa destitution et sa geôle, avec son masque grillagé taillé dans son visage comme des moucharabiehs kaléidoscopiques, ses gants qui lui interdisent de reconnaître les choses au toucher, et le poids des abus?"
(p. 76)
Ce livre très lourd me semble très important à qui veut se faire une idée de la triste réalité de ce régime totalitaire.
J'avais découvert Yasmina Khadra avec Le dingue au bistouri, l'un de ses polars que j'avais beaucoup aimé. Un tout autre genre, mais c'est sûr, Yasmina Khadra est un écrivain qu'il faut lire.
19:35 Publié dans Littérature arabe | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : yasmina khadra, hirondelles de kaboul, afghanistan
08.04.2007
Albert Sanchez Piñol - La peau froide
Un homme arrive sur une île reculée et déserte de l'Atlantique Sud. Il s'est engagé en tant que climatologue pour une mission d'observation d'une année. Fuyant l'humanité, se fuyant lui-même, le climatologue est pourtant bien vite confronté à l'altérité : chaque nuit, une horde de monstres venus de la mer, l'attaque, et tente de le tuer. Il se réfugie alors dans le phare de l'île, où se trouve Batis, le climatologue précédent. A deux, la défense est plus facile. Mais qui sont vraiment ces monstres? Monstres? Il semble pourtant bien qu'ils éprouvent certaines émotions, à observer la jeune "femme monstre" qui vit avec eux dans le phare...
Albert Sanchez Piñol, La peau froide. Actes Sud, 2004, 262 p.
J'ai trouvé ce livre magnifique et plein d'intelligence. La relation à l'autre, la peur de l'autre, est très justement symbolisée par la relation entre le climatologue, plutôt humaniste et son prédécesseur - homme sans émotions et cruel. Relation également entre les climatologues et les monstres, qui passe par la haine et la guerre, avant de se nuancer en une observation fascinée. La limite entre raison et folie, solitude et groupe, jour et nuit, sont autant de métaphores suggérées par ce très beau roman. Tout cela dans le cadre fascinant de cette île, d'où les deux hommes pressentent qu'ils ne reviendront pas.
Citations
"Nous ne sommes jamais très loin de ceux que nous détestons. Pour cette même raison, nous pourrions donc croire que nous ne serons jamais au plus près de ceux que nous aimons."(p. 9)
"Mais le paysage qu'un homme voit, les yeux tournés vers l'extérieur, est généralement le reflet de ce qu'il cache, les yeux à l'intérieur." (p. 24)
Voir la très belle critique d'Estampilles.
11:35 Publié dans Littérature latine | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : albert sanchez pinol, peau froide, espagne

