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30.05.2007
Siri Hustvedt - Tout ce que j'aimais
C'est l'histoire de l'amitié d'une vie. Entre William, artiste, et Leo, professeur d'histoire de l'art. Et entre leurs familles respectives. C'est l'histoire d'une vie, de plusieurs vies, de la mort, de l'art et de New York. C'est une histoire d'amour, une histoire de deuil et une histoire de la folie. Bref, c'est une histoire difficile à résumer et qui doit se laisser découvrir tant elle est complexe et envoûtante et inattendue.
Comme la vie, en somme.
Siri Hustvedt, Tout ce que j'aimais. Actes Sud/J'ai lu, 2006, 446 p.
Voici longtemps que je n'avais pas été pareillement sous l'emprise d'un récit. Durant ces quelques jours qu'ont duré ma lecture, j'étais un peu dans le monde réel, et beaucoup dans le monde de Leo, Bill, Violet, Mark et des autres protagonistes de ce récit incroyable. Je suis béate d'admiration devant la subtilité et la finesse avec lesquelles Siri Hustvedt décortique les relations humaines et la complexité de la vie. Devant la justesse et l'humanité qui guident sa plume et qui donnent vie à ses personnages.
Bref, un grand roman que je vous conseille chaleureusement, comme l'avaient déjà fait notamment Julie et Lisa!
(Seule déception : les 40 dernières pages qui m'ont semblé de trop, comme un récit accolé au reste et qui m'ont parues superflues. Je la mets entre parenthèse, car cela n'enlève rien à mon coup de coeur!)
20:15 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : siri hustvedt, tout ce que j'aimais, états-unis
25.05.2007
Markus Wagner - Langues de feu
Thomas Clarin, un jeune avocat sachant profiter de la vie, passe le week-end de Pentecôte dans son chalet du Tessin. Le premier soir, il va dîner à l'hôtel tout proche et fait connaissance de Loos, un enseignant d'une cinquantaine d'années. Tout semble séparer les deux hommes, et pourtant, Loos exerce une forte fascination sur Clarin, si bien qu'ils passent deux longues soirées à discuter passionnément des choses de la vie. Mariage, nouvelles technologies et autres grandes thématiques sont alors fiévreusement débattues. Mais le dimanche matin, c'est l'incompréhension... Qui est réellement Loos, cet homme étrange mais auquel Clarin avait fini par s'attacher?
Markus Werner, Langues de feu. Actes Sud, 2006, 189 p.
Sceptique dans un premier temps, j'ai rapidement été charmée par le style intimiste de Markus Werner. Tout d'abord, la relation mystérieuse entre les deux hommes, dont l'un est quasiment envoûté par l'autre, m'a réellement intriguée. Leur conversation, dont certains passages un peu pompeux m'ont agacée, s'avère par moments passionnante, même s'il faut s'accrocher pour en suivre le fil. Au fil des pages, on se laisse emporter par le récit duquel une tension bientôt insupportable s'échappe. Alors, je n'ai plus pu lâcher le livre jusqu'à la fin.
Bref, malgré les critiques plus que mitigées des "vrais" critiques, il s'agit là d'une vraie belle découverte pour moi, et de la confirmation qu'une littérature contemporaine suisse de qualité existe!
23:11 Publié dans Littérature germanophone | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : markus werner, suisse
15.05.2007
Tawni O'Dell - Retour à Coal Run
Ivan Zoschenko a grandi à Coal Run, Pennsylvanie. L'industrie locale de ce hameau : les mines de charbon. Lorsqu'il a cinq ans, une explosion souterraine tue une grande partie des mineurs du village. Dont son père, immigrant ukrainien, son oncle et son grand-père. Cet événement traumatise toute la région, laissant de nombreuses familles sans père et sans mari. On rencontre Ivan lorsqu'il entame la trentaine. Il est de retour à Coal Run après de nombreuses années d'exil en Floride. C'est que l'avenir prometteur d'Ivan comme footballeur fut brutalement interrompue dans sa jeunesse par un accident. Ivan avait alors fui ses racines. Plein de culpabilité, il est de retour, et les fantômes de son passé resurgissent aussitôt.
Tawni O'Dell, Retour à Coal Run. 10/18, 2007, 413 p.
Après Le temps de la colère que j'avais énormément apprécié, je suis un peu déçue par Retour à Coal Run. Je me suis ennuyée, surtout au début. C'est la qualité de l'écriture qui m'a donné envie de continuer : par exemple, les descriptions de la dure vie des mineurs, de la défection de l'industrie et de la tombée en ruines de toute une région. L'ambiguité des émotions des personnages, et en premier lieu d'Ivan Zoschenko, est également très bien décrite. Tawni O'Dell réussit donc très bien à rendre l'atmosphère propre à cette Amérique subissant une certaine misère sociale et ses personnages désabusés.
Voir également les avis de Solenn et de Cuné sur Critiques libres.
Celles et ceux qui ont apprécié Retour à Coal Run apprécieront certainement Richard Russo.
19:39 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tawni o'dell, états-unis

