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24.08.2007

Metin Arditi - La pension Marguerite

244a58a7ebbc29576ad239336c3a2060.jpgAldo Neri, violonniste virtuose, s'apprête à donner un grand concert à Paris. Mais le jour même lui sont livrés les notes prises par sa maman durant sa psychanalyse, et qui depuis s'est suicidée. Elle y raconte sa jeunesse, puis sa vie de mère et de gouvernante de la pension Marguerite, où elle a vécu les moments forts de sa vie. Aldo lit alors compulsivement les écrits de sa maman et en est bouleversé, découvrant au fil des heures sa vie et celle de sa mère entremêlées, vues du point de vue de celle-ci. Aldo doit donner un important concert dans quelques heures seulement, mais il ne peut résister à ce qui représente à présent l'urgence de cerner les motifs du suicide de sa mère.

Actes Sud / Babel, 154 p.

Quel peine j'ai à parler de ce livre! Extrêmement fort, forcément bouleversant, j'en suis encore toute retournée. Imaginez-vous découvrir une autobiographie de votre mère, quelle émotion! Metin Arditi écrit d'une très belle plume, sachant rendre avec une grande justesse les émotions les plus indicibles. Les mélomanes seront comblés, tant la musique est ici indissociable du vécu personnel. Ceux qui sont intéressés par la psychanalyse le seront également. Je vous invite réellement, pour ceux qui ne le connaissent pas, à découvrir les romans de Metin Arditi, car ils ne vous laisseront pas indifférents. Je l'avais découvert avec L'Imprévisible et je ne compte pas m'arrêter là!

Voici une très belle critique de Florinette!

22:55 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : metin arditi, suisse

22.08.2007

Jean-Paul Dubois - Vous plaisantez, Monsieur Tanner

583beaa04f60a85c9c113ccdc5db3350.jpg"Vous plaisantez, Monsieur Tanner?" Voilà ce que répondent les ouvriers à Paul Tanner lorsqu'ils apprennent qu'il décide de participer au chantier de la rénovation de sa maison fraichement héritée. Mais Paul Tanner veut suivre les travaux de près. Et quelle aventure que cette rénovation! Les artisans des différents corps de métiers intervenant sur le chantier lui en font voir de toutes les couleurs, et M. Tanner se demande quelle folie l'a poussé à accepter cet héritage.

Points, 2007, 199 p.

Ce roman est un délice de drôlerie et d'autodérision! J'ai vraiment passé un très bon moment et beaucoup ri à cette lecture rafraîchissante! Les déboires de Monsieur Tanner, bien qu'un peu caricaturaux, ne seront certainement pas sans rappeler quelques souvenirs épiques à ceux d'entre vous qui ont eu une maison à rénover. Même si elle ne restera pas dans les annales, je vous conseille donc cette petite parenthèse de fraîcheur agréable et sans prétention, dans une toute autre veine que Une vie française.

L'avis d'Estampilles.

19:24 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : jean-paul dubois, france

Jean-Dominique Bauby - Le scaphandre et le papillon

0dee5c726d2773b85451806eab28f674.jpgJean-Dominique Bauby, rédacteur en chef du magazine Elle, est victime d’un accident vasculaire cérébral le 8 décembre 1995. Comme une partie importante de son cerveau est atteinte, il se retrouve paralysé des pieds à la tête. Par contre, ses facultés intellectuelles sont absolument intactes, il a l’esprit parfaitement clair et comprend tout ce qu’on lui dit. On appelle ça le « locked-in syndrome ». Son seul moyen de communiquer est un battement de la paupière gauche. Un battement signifie oui, deux battements, non. Il apprend l’alphabet dans l'ordre de la fréquence d’utilisation des lettres dans la langue française, puis ses proches l’apprennent également. Son interlocuteur énumère les lettres, et Jean-Dominique bat de la paupière lorsqu’il arrive à la bonne lettre. Ainsi, lettre après lettre, Jean-Dominique Bauby utilise cette méthode pour écrire le livre de ses pensées, toujours cloué sur son lit d’hôpital. Et il y parvient!

Robert Laffont, 1997, 139 p.

Que ressent-on lorsqu’on est enfermé dans son corps tel dans un scaphandre, alors que notre pensée est parfaitement claire ? Ce petit livre nous donne quelques éléments de réponse sur cette situation inimaginable. Où vont vagabonder ses pensées, entre souvenirs de la vie avant et « trucs » pour rendre sa situation plus supportable, Jean-Dominique Bauby livre un récit très émouvant, qui sera publié quelques jours seulement avant son décès en 1997. Une belle leçon et un rappel : notre vie ne tient à rien, profitons!

19:09 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jean-dominique bauby, scaphandre et le papillon, france

21.08.2007

Stefano Benni - Saltatempo

a1ee28abe80db3abcfed18bb60b84b47.jpgSaltatempo raconte sa vie d'enfant dans un petit village italien du milieu des années cinquante. Un matin, il rencontre un Dieu qui lui offre une bimontre qui lui permet de se transposer dans l'avenir et dans le passé. Ce qu'il voit ne le réjouit pas. Les années défilent, et la promotion immobilière vient détruire la nature au sein du village, au profit d'une autoroute et de zones villas.
Puis Saltatempo entre au lycée dans la ville proche. Il connaît ses premiers vrais émois amoureux et politiques : on arrive en 1968. Mais la vie en ville ne fait pas oublier son village à Saltatempo, qui y retourne fréquemment. Les dissensions entre les villageois sont de plus en plus fortes, et Saltatempo reste impuissant à tout cela. Vengera-t-il finalement les vieux du village qui ont vu celui-ci se désagréger sous leurs yeux?

Actes Sud, 2003, 414 p.

J'ai fait ici une belle découverte!
Stefano Benni écrit de manière délicate et drôle, et le récit de ce petit garçon sensible et fantaisiste qui peu à peu découvre les joies et désillusions de la vie m'a vraiment emballée. A cheval entre fable et fresque sociale, je ne me suis pas ennuyée un instant!

Voici un autre avis, celui de Sibylline.

19:03 Publié dans Littérature latine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : stefano benni, saltatempo, italie

15.08.2007

Albert Cohen - Le livre de ma mère

e0671e71a106f6f0a45c538446cfc28a.jpgAlbert Cohen nous offre ici une longue ode à sa mère, sa mère morte. Il chante les louanges de cette maman qui s'est tout entière vouée à son fils, sa vie durant : "Elle perdait tout jugement lorsqu'il s'agissait de son fils" (p. 90).
Ce très beau récit évoque l'abnégation de la mère humble qui a tout permis et tout pardonné à son fils, et aussi tout sacrifié. Point de plaisirs inutiles pour cette mère dont seul le bien de son fils importait.
Mais l'écrivain évoque aussi ses remords d'avoir profité de l'amour absolu de sa mère, et d'avoir joui d'autres joies plus futiles : "Elle m'a attendu trois heures dans ce square. Ces trois heures, j'aurais pu les passer avec elle. Tandis qu'elle m'attendait, auréolée de patience, je préférais, imbécile et charmé, m'occuper d'une de ces poétiques demoiselles ambrées, abandonnant ainsi le grain pour l'ivraie" (p.88).
Il décrit également les regrets de n'avoir pas réalisé en son temps la valeur de cet amour, ni le caractère mortel de sa maman.
Et il est trop tard à présent : "Amour de ma mère, jamais plus."

Folio/Gallimard, 2006, 174 p.

D'une écriture magnifique, Albert Cohen décrit subtilement la force de l'amour maternel. Ce texte universel et intemporel m'a beaucoup émue, certains passages faisant écho en moi, et je suis certaine que tout enfant sera par instants touché par les paroles de l'auteur. Si vous avez, comme moi, la chance d'avoir encore votre mère bien vivante, je ne peux que vous conseiller de lire ce roman qui fait réfléchir et se rendre compte de son importance. Pour les autres, je ne sais que dire, mais je peux imaginer que le Livre de ma mère fera d'autant plus écho en vous...
Ce roman faisait partie des merveilles que Yue Yin m'a envoyées dans le colis de swap... Merci Yue Yin!

Les avis de Tamara, Hervé et Jules

18:43 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : albert cohen, livre de ma mère, suisse

12.08.2007

Paul Auster - Brooklyn Follies

b4fffe541a601680cf584e96edcb9d1a.jpgNathan Glass, retraité et divorcé, vient s'établir à Brooklyn après une vie à Manhattan. Il renoue rapidement les liens avec son neveu Tom, perdu de vue, et qui semble avoir perdu ses illusions de jeunesse. Il y a également Harry, l'extravagant patron de la librairie Brightman où travaille Tom. Les trois hommes se lient rapidement d'une grande complicité, et passent des soirées à rêver à une vie meilleure. Lucy, la nièce de Tom, débarque un beau jour dans leur vie, suivie de peu par Honey, grande et solide femme du Vermont. Sous l'impulsion de Nathan Glass et de son optimisme, tous ces personnages vont peu à peu s'aimer, s'aider, vivre, dans ce Brooklyn à l'atmosphère si particulière.

Actes Sud, 2005, 363 p.

Depuis le temps que ce titre m'attend dans ma pile, je me suis enfin décidée à le lire. Pas que j'étais réticente, au contraire. Plutôt parce que je voulais faire durer le fait que le plaisir était à venir!
Et je me suis une fois de plus retrouvée enserrée dans la toile de la narration de Paul Auster. Ce récit optimiste rend immédiatement accro, et je me suis bien sûr prise au jeu des personnages attachants dépeints par le romancier. Une histoire touchante sur les difficultés de la vie, et sur la manière de les surmonter, de continuer à avancer. J'ai trouvé Brooklyn Follies de construction plus simple que le Livre des illusions, la Nuit de l'oracle ou la Trilogie new-yorkaise, donc relativement différent. Un livre qui fait vraiment du bien, sans pour autant sombrer dans la facilité.

Brooklyn Follies a plu notamment à Barbabella, Nicolas, Thom et bien d'autres...

22:37 Publié dans Littérature anglo-saxone | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : paul auster, brooklyn follies, états-unis

08.08.2007

Natsuo Kirino - Disparitions

de899bf67456e3eb4a75357e3dcdce5e.jpgLorsqu'elle a atteint sa majorité, Kasumi a fui le domicile de ses parents pour partir à la découverte de la vie, c'est-à-dire à Tokyo. Elle ne leur a jamais donné de nouvelles, et ils ne l'ont jamais recherchée. A présent, elle est mariée et a deux enfants. Ainsi qu'un amant, Ishyama, un client de son mari. Leur passion grandissant, ils décident de passer un week-end de villégiature dans la maison de vacances d'Ishyama et son épouse. Les deux familles sont alors réunies, et les amoureux en profitent pour se voir en cachette.
Mais le drame survient lorsque Yuka, la fille aînée de Kasumi, se fait enlever devant la maison. Aucun témoin, aucun indice, et voici des années de cauchemar qui commencent pour Kasumi. Une nouvelle vie commence alors pour la jeune femme, enfermée dans un espoir et un chagrin auxquels seule la quête ininterrompue de son enfant peut donner un sens.

10/18, 2004, 509 p.

Disparitions parle de culpabilité, de liberté, de notre rapport à la mort. Les personnages ont pour la plupart une double personnalité, et évoluent énormément au cours du récit, ce qui les rend intéressants, mais également intrigants. Ainsi, je n'ai jamais réussi à cerner Kasumi, cette femme énigmatique, à la fois fragile et très forte. Je n'ai donc pas pu m'émouvoir de ses malheurs. Ce roman m'a donc plu dans son ensemble, que ce soit son atmosphère, le scénario ou ses protagonistes. Mais un arrière-goût bizarre me reste après l'avoir refermé, que je n'arrive pas à expliquer.

20:10 Publié dans Littérature asiatique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : natsuo kirino, disparitions, japon

03.08.2007

Partagez votre bibliothèque en ligne

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Babelio est un nouvel outil de partage de livres en ligne, dans la lignée du très populaire mais anglophone Library Thing.
Le principe est très simple : il suffit de créer un compte puis vous pouvez entrer vos livres dans votre bibliothèque perso. Vous pouvez également attribuer des notes aux livres, leur mettre des mots-clés, leur joindre une critique, etc. L'intérêt de ce système est que vous repérez rapidement les utilisateurs ayant des goûts communs aux vôtres, et il est possible ensuite d'entrer en contact avec eux.
Très curieuse de ce genre de réseaux sociaux, j'ai évidemment créé ma bibliothèque, que je complèterai petit à petit - si j'en ai le courage. Elle est encore très restreinte mais visible ici.

-> Aller à la page d'accueil de Babelio

18:58 Publié dans Web&lecture | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : babelio

01.08.2007

Arnaldur Indridason - La voix

5655935420854176b6268013e541b807.jpgGulli, le portier d'un grand hôtel de Reykjavik, est retrouvé assassiné dans le cagibi qui lui sert de chambre. Qui pouvait bien en vouloir à cet homme solitaire et sans histoires, sans amis et ayant coupé les ponts depuis longtemps avec sa famille? Erlendur et ses collègues mènent l'enquête. L'inspecteur Erlendur décide de s'installer à l'hôtel et ressasse, en cette période de Noël, les fantômes de son passé. Quant au passé de la victime, il s'avère bien surprenant : enfant, Gulli était un enfant vedette promis à une brillante carrière dans la chanson. Puis tout s'est écroulé.

Métailié, 2007, 336 p.

Après La cité des jarres et la Femme en vert, me voilà une fois de plus conquise par l'écriture d'Indridason, et même davantage que lors de ses deux premiers romans! Intrigue passionnante, ambiance islandaise bien sombre assurée. Et l'inspecteur Erlendur, toujours plus touchant, m'a beaucoup émue en se dévoilant un peu plus. Vivement le prochain!

18:51 Publié dans Littérature scandinave , Polars | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : arnaldur indridason, voix, islande

Luigi Guarnieri - La double vie de Vermeer

Me voici de retour de vacances, avec quelques livres à chroniquer... Je commence par le dernier que j'ai lu, puis suivront un Indridason et un Murakami, dévorés début juillet.c6514db4ffe30cba78aa9c36049fcb55.jpgDans ce roman à tendance documentaire, Guarnieri narre le destin extraordinaire de Han Van Meegeren, un faussaire du grand peintre du XVIIe Vermeer, ayant réellement existé au vingtième siècle. Extraordinaire, car Van Meegeren, peintre raté sali par les critiques d'art, décide de se venger de ceux-ci en montant un coup de maître pour les humilier. Il va réaliser LE Vermeer dont tous les spécialistes savent qu'il existe certainement mais que personne n'a encore trouvé, puis en clamer sa paternité. Mais produire une toile qui paraisse dater du 17e siècle est très difficile et cela demande des années de préparation au faussaire. Le plan se déroule à merveille, si bien qu'il décide de ne pas révéler la vérité et de produire d'autres oeuvres de grands maîtres.

Actes Sud/Babel, 2007, 227 p.

Ce livre très original m'a énormément plu. La démarche de Guarnieri, parti d'un fait réel puis largement documenté pour ensuite en faire un roman, est passionnante. Et le questionnement induit par le plan du faussaire donne à réflexion : qu'est-ce qui donne sa valeur à une oeuvre d'art? Suffit-il qu'elle soit réalisée par un artiste reconnu pour être qualifiée d'extraordinaire? Quel rôle jouent les critiques d'art? Bref, une lecture très originale et instructive. Mais il est vrai qu'il ne m'a pas été toujours facile de m'y plonger, car le texte est très documenté par des explications de techniques picturales. Pas une lecture vraiment détente, en fait!

18:30 Publié dans Littérature latine | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : luigi guarnieri, double vie de vermeer, italie